Cours de médecine

 

 

Connexion Inscription Forums Iconographie Annonces Biologie Testez QCM Contactez-nous

MedSante

 

Vascularites

Sommaire vos commentaires

Périartérite noueuse

La périartérite noueuse (PAN) est une vascularite inflammatoire qui touche les vaisseaux de petit et moyen calibres, avec des lésions segmentaires et transmurales siégeant volontiers aux bifurcations artérielles.

Les zones pathologiques alternent avec les zones saines, ce qui explique qu’une biopsie pourra être négative alors que l’organe est atteint.

À la phase aiguë, l’inflammation de la paroi artérielle est caractérisée par une nécrose fibrinoïde de la média et une infiltration cellulaire pléiomorphe avec une prédominance de polynucléaires neutrophiles associée à un nombre variable de lymphocytes, macrophages, monocytes et polynucléaires éosinophiles.

L’architecture normale de la paroi vasculaire, y compris la limitante élastique interne, est détruite, et la lésion peut être le siège d’une dilatation anévrismale ou d’une thrombose.

La phase de cicatrisation est caractérisée par l’apparition d’une fibrose qui conduit à l’oblitération artérielle.

Les dilatations anévrismales régressent.

La PAN évolue par poussées et, fait très caractéristique de cette affection, on observe dans le même organe des lésions à des stades évolutifs différents.

Dans la PAN, les artères sont exclusivement concernées. Toutes les artères de l’organisme peuvent être touchées, à l’exclusion des artères pulmonaires.

La riche vascularisation du muscle par des artères de moyen calibre explique la fréquente positivité des biopsies faites à ce niveau.

La PAN est une affection rare. Les taux d’incidence annuelle et de prévalence de la PAN étaient, dans une étude ne retenant que des observations documentées histologiquement, respectivement de 0,7 pour 100 000/h et 6,3 pour 100 000/h.

La PAN peut toucher des sujets de tout âge, avec une prédominance entre 40 et 60 ans, sans prédominance sexuelle.

Dans la plupart des cas, la cause de la PAN est inconnue.

Des virus pourraient contribuer à la pathogénie de la vascularite.

L’association de la PAN au virus de l’hépatite B (VHB) est clairement établie et présente dans 10%des cas de PAN.

Les lésions de vascularite pouvant siéger dans n’importe quel viscère, la PAN est une affection cliniquement très polymorphe.

Le symptôme initial est extrêmement variable.

Les signes les plus fréquents sont la fatigue, les douleurs abdominales, les douleurs des jambes, les signes neurologiques et la fièvre.

Les signes généraux sont très fréquents : altération de l’état général avec un amaigrissement souvent important, fièvre.

Les douleurs sont presque constantes.

Elles sont soit musculaires, diffuses ou localisées à certains segments de membre, soit articulaires.

Les neuropathies périphériques sont très suggestives du diagnostic.

Il s’agit de la manifestation clinique la plus fréquente de la PAN, exception faite des signes généraux.

Souvent inaugurales, elles consistent en une multinévrite de topographie distale, d’installation rapide, touchant les membres inférieurs et en particulier les nerfs sciatiques poplités externes et à un moindre degré les nerfs sciatiques poplités internes, ou les membres supérieurs.

Les diverses manifestations cutanées s’observent dans 25 à 60% des PAN systémiques.

On peut distinguer quatre types de lésions : purpura vasculaire, nodules, livedo racemosa ou reticularis, lésions ulcéronécrotiques et gangreneuses.

La biopsie des lésions cutanées est importante pour le diagnostic, bien que moins spécifique. Elle doit être suffisamment profonde pour étudier le derme.

L’atteinte rénale est, suivant les séries, présente dans 60 à 80% des cas de PAN, mais seulement chez 36% des 182 patients étudiés prospectivement.

Les néphropathies vasculaires sont les manifestations rénales les plus caractéristiques de la PAN.

Elles réalisent un syndrome de néphropathie vasculaire aiguë se manifestant par une hypertension artérielle (HTA) sévère ou maligne, une protéinurie souvent minime, une hématurie de degré variable, et une insuffisance rénale d’installation rapide.

Les lésions prédominent au niveau des artères de moyen calibre et les lésions glomérulaires sont la conséquence de l’ischémie.

Ces formes sont souvent associées à des anévrismes intrarénaux objectivés par l’artériographie, ainsi que de nombreuses zones d’infarctus rénal.

Les néphropathies glomérulaires sont rares au cours de la PAN.

Si elle atteint le coeur, la PAN lèse essentiellement le myocarde, directement en occluant les artérioles coronaires, ou indirectement par le biais de l’HTA.

On peut évaluer à 40% la fréquence des anomalies cardiaques cliniques, électriques ou radiographiques.

Les crises d’angor authentiques sont exceptionnelles.

L’HTA est observée dans 40% des PAN.

L’HTA maligne est rare, et dans la plupart des cas, l’HTA persiste une fois la PAN guérie.

Son traitement a bénéficié de l’introduction des inhibiteurs de l’enzyme de conversion.

L’atteinte du tractus digestif est fréquente au cours de la PAN et peut être à l’origine de complications redoutables.

Dans notre expérience, celle-ci est constamment associée à des douleurs abdominales, présentes chez 34% des patients.

Les lésions prédominent au niveau du grêle et sont responsables de douleurs parfois intenses.

Dans la majorité des cas, aucune lésion spécifique de la PAN ne peut être mise en évidence et les douleurs disparaissent avec le traitement.

La survenue d’hémorragies et/ou de perforations intestinales, la persistance de douleurs abdominales intenses malgré le traitement et un amaigrissement lié à l’atteinte digestive supérieur à 20 % du poids corporel sont des éléments cliniques de mauvais pronostic.

La plupart des organes peuvent être atteints par la maladie, avec parfois des formes apparemment limitées à un organe.

Une orchite est présente chez 6% des patients, plus volontiers au cours des PAN liées au VHB.

L’atteinte de l’oeil peut se traduire par un décollement de rétine, des nodules dysoriques ou une atteinte du tractus uvéal.

Les manifestations pleuropulmonaires sont relativement rares au cours de la PAN « classique ».

Les examens complémentaires biologiques n’apportent pas d’éléments spécifiques au diagnostic de la PAN. Il existe dans la majorité des cas un syndrome inflammatoire majeur.

Les anticorps dirigés contre le cytoplasme des polynucléaires neutrophiles (ANCA) sont habituellement absents.

L’atteinte rénale se traduit habituellement par une insuffisance rénale.

L’artériographie permet de mettre en évidence les microanévrismes et les sténoses étagées des artères de moyen calibre dont la fréquence est estimée à 60%au cours de la PAN.

Ces lésions étant très spécifiques de la PAN, bien que non pathognomoniques, l’artériographie a une valeur diagnostique dans les formes où les examens histologiques sont négatifs.

B - Polyangéite microscopique :

La polyangéite microscopique (microscopic polyangiitis [MPA], anciennement appelée périartérite noueuse microscopique) est une vascularite systémique qui a été récemment individualisée de la PAN, bien qu’elle ait été décrite en 1948.

Il s’agit d’une vascularite des petits vaisseaux, caractérisée par l’absence de granulome extravasculaire et l’existence d’une glomérulonéphrite nécrosante segmentaire et focale, associée à une prolifération extracapillaire.

Une atteinte rénale est présente dans 80 à 100 % des cas, réalisant un tableau de glomérulonéphrite rapidement progressive avec insuffisance rénale et syndrome d’atteinte glomérulaire (hématurie, protéinurie).

S’y associent d’autres atteintes viscérales proches de celles de la PAN, touchant surtout la peau, les muscles, les articulations et l’appareil digestif.

Contrairement à la PAN, la MPA comporte une atteinte pulmonaire due à une capillarite pulmonaire se traduisant par des hémorragies alvéolaires.

Associée à l’atteinte rénale glomérulaire, elle réalise un syndrome pneumorénal qui peut être révélateur.

Des ANCA de type anti-MPO sont présents dans 50 à 80 % des cas.

Des microanévrismes ne sont qu’exceptionnellement observés, surtout si les ANCA sont présents.

 

 
Classement de sites - Inscrivez le vôtre!

Copyright © 2006 medsante.com.  Tous droits réservés.