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Convulsions survenant à
l'occasion d'un épisode fébrile chez le nourrisson ou le jeune enfant,
en l'absence de tout antécédent neurologique et sans argument pour une
étiologie lésionnelle. Ceci exclut les convulsions dues à des atteintes
du système nerveux central, telles que méningite, tumeur ou antécédent
de convulsions non fébriles.
| Convulsions
fébriles |
nombre
d ' épisode |
forme de crise |
fréquence |
la durée de la
crise |
| simples |
unique |
tonico-cloniques
généralisées |
85% |
durant
moins de 15 minutes |
| compliquées |
répétés
dans la même journée |
avec
signes de
localisation |
15% |
durant
plus de 15 minutes |
Epidemiologie :
-Convulsions fébriles sont
très fréquentes puisqu'elles constituent 30% des convulsions de
l'enfant.
-Facteurs héréditaires Inconnus, mais possible transmission autosomique
dominante avec expression variable et pénétrance incomplète
-Age de prédilection: 6 mois à 4 ans , Pic de fréquence à l'âge de 2
ans .
-Facteurs de risque multipliée par 2 à 3 si notion de convulsions
fébriles chez les frères et sœurs
Etiologie:
• Diminution du seuil de déclenchement des convulsions chez les enfants
prédisposés .
• La fièvre est souvent supérieure à 39°C mais c'est surtout la
vitesse d'ascension de la température qui semble jouer un rôle.
• Les causes les plus fréquentes sont
- Infections virales: grippe, roséole, gastro-entérite
- Infections bactériennes diverses
- Vaccination par le ROR dans les 7 à 10 jours précédents ou anti-diphtérie-tétanos-coqueluche
dans les 48 heures précédentes
Signes cliniques :
• Fièvre supérieure à 39°C
• Convulsions tonico-cloniques
- Généralisées
- Survenant dans les heures suivant l'apparition de la fièvre
- La convulsion est la manifestation initiale de la maladie chez 25% des
patients.
- Durée inférieure à 15 minutes pour les convulsions simples, prolongée
pour les convulsions compliquées
Diagnostic différentiel:
• Frissons au cours d'un épisode fébrile
• Apnée au cours d'un épisode fébrile
• Méningite infectieuse avec convulsions 13-18% des méningites sont
associées à des convulsions.
• Médicaments convulsivants
• Interruption inopinée de traitement anti-épileptique
• Recherche d'arguments cliniques en faveur d'une cause lésionnelle aux
convulsions :
-
Neurofibromatose
-
Angiomes trigéminés (Sturge-Weber-Krabbe)
-
Sclérose tubéreuse de
Bourneville
Examens complémentaires :
• Pour un premier épisode: NFS, calcémie, glycémie, magnésémie,
ionogramme sanguin, examens bactériologiques orientés
• Dans les cas douteux, faire une recherche de toxiques
• Indication de ponction lombaire chez le nourrisson de moins d'un an
Examens diagnostiques spécifiques:
• EEG indiqué en cas de
- Convulsions fébriles récidivantes, compliquées avec signes focaux, de
durée prolongée
- Pathologie neurologique sous-jacente
- Antécédents familiaux de comitialité
- Coma post-critique prolongé
- Premier épisode après l'âge de 3 ans
• Enregistrer l'EEG 2-4 semaines après l'épisode convulsif
• L'EEG est sans intérêt en cas de convulsion fébrile simple.
• Tomodensitométrie cérébrale pour les convulsions compliquées, afin
d'éliminer un processus expansif intracrânien
Traitement :
• Oxygène
• En cas de détresse respiratoire : une ventilation au masque, voire
une intubation
Hospitalisation décidée en fonction du type de convulsion, de la
situation clinique au décours, de l'étiologie de la fièvre et des antécédents
de l'enfant .Repos au lit mis en observation ,Arrêt
de l'alimentation orale jusqu'à restitution ad integrum.
• Si la convulsion cesse et reste simple avec récupération progressive
ad integrum, déterminer l'étiologie de la fièvre pour la traiter.
• Bains et enveloppements frais pour lutter contre la fièvre.
• Si la convulsion dure plus de 10 minutes: mettre en position latérale
de sécurité, éviter les blessures, maintenir la liberté des voies aériennes
et oxygéner.
• Traitement antipyrétique: paracétamol par voie orale ou rectale, 7,5
mg/kg/dose ,traitement antipyrétique à maintenir si la fièvre reste supérieure
à 38,5°C.
• Les anticonvulsivants sont rarement indiqués. Voir épilepsie
• Diazépam 0,5 mg/kg sans dépasser 10 mg par voie rectale à l'aide
d'une canule ou d'une seringue 1 ml, à renouveler si les convulsions ne cèdent
pas au bout de 5 à 10 minutes. Utilisation prophylactique du diazépam
intrarectal si la fièvre reste supérieure à 38,5°C.
• Phénobarbital 10-15 mg/kg IV, délai d'action retardé, très dépresseur
respiratoire
• Phénytoïne 15 mg/kg IV, délai d'action retardé et risque
d'hypotension artérielle et de troubles du rythme
• Acide valproïque 40-60 mg/kg par voie rectale, d'action prolongée
mais retardée et susceptible d'être hépatotoxique chez l'enfant de
moins de 2 ans .
Traitement d'entretien:
controversé pouvant être envisagé chez les enfants à haut risque, avec
des antécédents familiaux de comitialité non fébrile, des récidives
multiples, des convulsions compliquées ou une pathologie neurologique
sous-jacente. Le traitement d'entretien se fera
| Phénobarbital |
3-5
mg/kg/j |
| Acide valproïque |
30-40
mg/kg/j |
Complications:
• Les convulsions fébriles ne sont pas responsables de retard mental ni
de troubles du comportement.
• Il n'y a pas de risque vital.
• Le risque de récidive est de 33%, avec 95% des récidives au cours de
la première année.
• Le risque de survenue d'une épilepsie est superposable à celui de la
population générale pour les convulsions simples.
Evolution et pronostic:
• Récidive dans 33% des cas, 50% si le premier épisode est survenu
avant l'âge d'un an, 45% si deux enfants sont atteints dans la fratrie
• 95% des récidives se produisent dans l'année qui suit le premier épisode.
• Le risque d'épilepsie dépend du caractère compliqué des
convulsions, de l'âge inférieur à 6 mois lors du premier épisode, de
la survenue de 3 récidives ou plus, de troubles neurologiques ayant précédé
les convulsions, d'histoire familiale d'épilepsie.
• Le coma post-critique est souvent peu profond; dans le cas contraire,
évoquer une autre pathologie.
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