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tumeur au cerveau
TUMEURS CÉRÉBRALES
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Définition:
Processus expansif intracrânien bénin ou malin qui se développe aux dépens
des différentes structures comprises dans la boîte crânienne (méninges,
vaisseaux, parenchyme cérébral, plexus choroïdes, parois des ventricules et
nerfs crâniens). La symptomatologie varie avec la localisation, le caractère
unique ou multiple et la rapidité d'installation de la tumeur. Les crises
comitiales ( epilepsie ) en sont une conséquence fréquente. peut
être associées : Maladie de von Hippel-Lindau (hémangioblastome
cérébelleux) , Maladie de von Recklinghausen (méningiomes, neurinomes,
gliomes, gliomes du chiasma) , Cancers .
Sexe de prédilection:
Méningiomes plus fréquents chez la femme , métastases cérébrales et
glioblastomes plus fréquents chez l'homme .
Facteurs liés à
l'âge:
- Enfant: tumeurs de la fosse
postérieure très fréquentes
- Sujet âgé: métastases,
glioblastomes et méningiomes .
- Grossesse: La majorité des
tumeurs évoluent plus rapidement pendant la grossesse.
Génétique
: facteurs héréditaires: Tumeurs très fréquentes dans la maladie de von
Recklinghausen , Il existe des formes familiales de méningiomatose.
Âge de prédilection: Le type
de tumeur diffère selon l'âge
- Enfant - Tumeurs de la fosse
postérieure - Craniopharyngiomes - Gliomes du chiasma - Tumeurs
intraventriculaires (médulloblastome)
- Adulte jeune - Astrocytome du
tronc cérébral - Astrocytome sus-tentoriel - Adénomes hypophysaires -
Tumeurs intraventriculaires
- > 40 ans -
Glioblastome - Neurinomes - Méningiomes .
Tumeurs extracérébrales: Bénignes
dans la majorité des cas
- Méningiomes
(15% des tumeurs cérébrales). Tumeurs bénignes d'évolution très lente,
implantées sur la dure-mère et refoulant le cerveau sans l'envahir.
Fréquents après 40 ans et chez la femme. Leur vascularisation est riche à
partir des carotides externe et interne. Le méningisme est sus-tentoriel
dans 80% des cas, parfois multiple (méningiomatose), souvent
récidivant.
- Neurinomes
(5% des tumeurs cérébrales, 25% des tumeurs de la fosse postérieure, 95%
des tumeurs de l'angle pontocérébelleux). Tumeur bénigne, encapsulée,
d'évolution très lente, développée à partir de la gaine de Schwann, le
plus souvent du nerf vestibulaire (VIII) dans le conduit auditif interne,
rarement d'un autre nerf crânien. Fréquent chez l'adulte après 30
ans
- Tumeurs hypophysaires
(5% des tumeurs cérébrales): voir adénomes hypophysaires
- Craniopharyngiomes
(15% des tumeurs cérébrales de l'enfant)
- Chordomes
- Tumeurs du glomus
jugulaire
- Cholestéatomes
- Tumeurs malignes de la
base du crâne
(surtout lymphomes et cancers ORL)
Tumeurs intracérébrales:
Les plus fréquentes des tumeurs intracrâniennes; souvent malignes
- Métastases cérébrales
(25% des tumeurs cérébrales; compliquent l'évolution de 20% des cancers).
Souvent multiples et d'évolution rapide; tous les cancers peuvent être en
cause, surtout le cancer bronchique, le cancer du sein, le cancer du rein,
les cancers digestifs et génitaux, le mélanome malin, les hémopathies
malignes. Dans 20% des cas, le cancer primitif reste inconnu.
- Gliomes
( les plus fréquentes des tumeurs cérébrales )
| a-
Glioblastome
(15% de l'ensemble des tumeurs cérébrales): tumeur maligne,
d'évolution rapide, nécrotique, se compliquant d'hémorragie
intratumorale, surtout hémisphérique. Plus fréquent chez l'homme
que chez la femme, après 50 ans. Évolution négative très rapide,
en quelques semaines. Très mauvais pronostic
b- Astrocytome
(10% des tumeurs cérébrales): fréquente dégénérescence
kystique
- astrocytomes
hémisphériques:
fréquents chez l'adulte; évolution très lente. Caractère
infiltrant empêchant souvent une résection complète.
Récidivent souvent avec une dégénérescence maligne (évolution
vers un glioblastome)
- astrocytome du
cervelet (25%
des tumeurs cérébrales de l'enfant): exérèse souvent complète
avec un bon pronostic
- gliome du
chiasma et des nerfs optiques
(5% des tumeurs cérébrales de l'enfant): rechercher une maladie
de von Recklinghausen. Bon pronostic
- gliome du tronc
cérébral
(25% des tumeurs de la fosse postérieure de l'enfant): mauvais
pronostic lié à la localisation (tronc cérébral) et au
caractère infiltrant
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- Oligodendrogliome:
souvent calcifié; évolution très lente
- Lymphomes cérébraux
primitifs
- Hémangioblastome
cérébelleux
Tumeurs intraventriculaires:
Surtout chez l'enfant et l'adulte jeune; souvent bénignes .
- Épendymome
- Kyste colloïde du 3ème
ventricule
- Pinéalome
- Tératome
- Médulloblastome (la plus
fréquente des tumeurs de la fosse postérieure chez l'enfant)
- Papillome des plexus
choroïdes
Facteurs de risque:
- Cancer
- Maladie de von
Recklinghausen
- Maladie de von Hippel-Lindau
- Âge > 40 ans pour la
majorité des tumeurs
- Immunodépression et
infection par le VIH (HIC, LCR ) pour les lymphomes
Signes cliniques : Les
symptômes diffèrent selon la localisation de la tumeur, le caractère unique
ou multiple et la rapidité d'installation
- Crises comitiales (focales ou
généralisées) - 30% des tumeurs sus-tentorielles sont révélées par une
crise comitiale - 10% des crises comitiales sont en rapport avec une tumeur
sus-tentorielle
- Signes focaux (hémiplégie,
aphasie ) : dépendent du siège de la tumeur (il arrive qu'une tumeur,
même volumineuse, n'entraîne aucun signe focal si elle est située dans
une zone muette (frontale, temporale par exemple). Les signes focaux sont
toujours d'installation progressive (extension du déficit en tache
d'huile ). Parfois, il existe une aggravation brutale des symptômes,
expliquée par un saignement intratumoral, une poussée d'œdème
péritumoral ou un blocage des voies d'écoulement du LCR avec HIC
brutale.
- Troubles psychiques
fréquents, allant d'un simple ralentissement psychomoteur à des troubles
du comportement
- Hypertension intracrânienne
- Céphalées permanentes, à prédominance matinale, ± récentes et
augmentant progressivement - Nausées, vomissements - Œdème papillaire au
fond d'œil (inconstant) - Troubles de la vigilance - Coma
- Chez l'enfant, les tumeurs de
la fosse postérieure sont souvent révélées par une ataxie, parfois
transitoire, et des céphalées. Un torticolis traduit un engagement des
amygdales cérébelleuses du côté de la tumeur. L'hypertension
intracrânienne évolue souvent rapidement.
Diagnostic différentiel:
Les autres causes d'hypertension intracrânienne
- Processus expansifs
intracrâniens - Abcès - Hématome intraparenchymateux - Hématome
sous-dural (subaigu, chronique)
- Accidents vasculaires
cérébraux - Artériels (mais début brutal des symptômes) - Veineux
(thrombophlébite cérébrale)
- Hypertension intracrânienne
bénigne .
Les examens complémentaires
:
- EEG :
L'électroencéphalogramme
est utile en cas de crises comitiales. Il ne remplace jamais le scanner
cérébral.
- Le scanner cérébral est
toujours réalisé en première intention, sans et après injection de
produit de contraste: il montre la tumeur, l'œdème péritumoral, évalue
l'importance de l'effet de masse et permet souvent de préciser le type de
tumeur. Ne visualise pas une tumeur de la fosse postérieure.
- L'IRM cérébrale,
réalisée sans et après injection de gadolinium, complète utilement le
scanner. Elle permet une bonne visualisation des tumeurs de la fosse
postérieure, affirme le caractère unique ou multiple de la tumeur, montre
bien ses limites et ses rapports avec les structures environnantes.
- L'artériographie
cérébrale est
réalisée en cas de doute diagnostique, car elle permet une visualisation
du blush tumoral en cas de tumeur hypervascularisée, et dans le cadre du
bilan pré-opératoire de la tumeur (précise ses rapports avec les
vaisseaux et sa vascularisation).
Démarche diagnostique:
Tout symptôme neurologique d'installation progressive fait suspecter un
processus expansif intracrânien. Seule l'imagerie peut alors affirmer ou
récuser ce diagnostic et permet d'en préciser le type (abcès, hématome ou
tumeur). Le scanner cérébral est toujours demandé en premier, sauf lorsqu'on
suspecte une tumeur de la fosse postérieure, pour laquelle l'IRM est l'examen
de choix. Le scanner cérébral doit toujours, dans cette indication, être
demandé sans et après injection de produit de contraste. En cas d'allergie, il
faut soit prémédiquer le patient, soit demander d'emblée une IRM
cérébrale.
Mesures générales:
- Traiter l'hypertension
intracrânienne afin d'améliorer la tolérance (anti-œdémateux,
éventuelle dérivation en cas d'hydrocéphalie, surtout dans les tumeurs de
la fosse postérieure de l'enfant)
- Résection chirurgicale de la
tumeur si possible
- Radiothérapie externe en
complément ou isolée si résection impossible
- Chimiothérapies actuellement
peu efficaces
- Traitement anticomitial
- Kinésithérapie
précoce
- Prévention des complications
de décubitus (escarres, thromboemboliques...)
Mesures
hygiéno-diététiques:
Adaptées à une éventuelle corticothérapie , Kinésithérapie .
Complications:
- Signes déficitaires
persistants (hémiplégie, aphasie, syndrome frontal...)
- Crises comitiales partielles
ou généralisées
- Hypertension intracrânienne
avec troubles de la vigilance, voire coma
- Engagement sous-tentoriel en
cas de tumeur hémisphérique (le premier signe en est la mydriase
aréactive homolatérale, secondaire à une compression du III), conduisant
au décès
- Engagement des amygdales
cérébelleuses (torticolis) en cas de tumeur sous-tentorielle
- Complications de décubitus,
dénutrition
Évolution et pronostic:
Dépend du type de tumeur (bénigne ou maligne), de son siège (sus- ou
sous-tentorielle, zone muette) et de sa rapidité d'évolution ( glioblastome et
métastases évoluent le plus vite).
LCR:
liquide céphalorachidien , HIC: hypertension intracrânienne .