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SYNDROME DE GUILLAIN
BARRE = Paralysie ascendante = Maladie de
Landry-Guillain-Barré
Définition: Atteinte du système nerveux
périphérique réalisant une polyradiculonévrite aiguë, sans
hypercytose dans le LCR. Elle évolue en trois phases. Sa
gravité varie selon les patients, pouvant aller de simples
paresthésies à une tétraplégie avec intubation et
ventilation assistée pendant plusieurs semaines. Son étiologie
est inconnue.
Étiologie: Inconnue. Maladie auto-immune pour
certains, virale infection (virale) récente , vaccination
récente pour d'autres.
Signes cliniques : Elle évolue en trois phases
- Phase ascendante (10 jours)
- Paresthésies des extrémités (membres
inférieurs)
- Extension ascendante des paresthésies en 10
jours environ
- Troubles de la sensibilité profonde
(diapason)
- Sensibilité thermique/algique normale
- Déficit moteur souvent retardé
- Évolution variable et imprévisible, avec
risque de troubles de déglutition et troubles
respiratoires mettant en jeu le pronostic
vital
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- Plateau (10 à 15 jours le plus souvent;
parfois plusieurs semaines): correspond à la période du
maximum des signes neurologiques, qui sont encore très
variables selon les patients.
- Déficit moteur d'intensité variable pouvant
aller jusqu'à une tétraplégie avec atteinte des
muscles respiratoires et de la déglutition.
- Paresthésies importantes
- Troubles sensitifs objectifs prédominant sur la
sensibilité tactile et proprioceptive
- Atteinte fréquente des nerfs crâniens, avec
surtout paralysie faciale périphérique (son
caractère bilatéral est très évocateur de
polyradiculonévrite (diplégie faciale);
paresthésies trigéminales; troubles oculomoteurs
rares; l'atteinte du IX, X, XI entraîne des
troubles de la déglutition.
- Aréflexie le plus souvent généralisée
- Troubles végétatifs (syndrome dysautonomique):
HTA, troubles du rythme cardiaque, bradycardie
extrême avec risque d'arrêt cardiaque;
rétention d'urine; variations thermiques; accès
de sueurs.
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- Phase de régression: régression
très progressive des troubles, généralement en sens
inverse de leur apparition, qui peut être incomplète (20%
des cas) ou totale. Un œdème papillaire est possible en
cas d'hyperprotéinorachie très importante.
Forme clinique particulière : Le syndrome de
Miller-Fisher associe des paralysies oculomotrices, une ataxie
et une aréflexie ostéotendineuse. L'évolution est bénigne.
On pense que ce syndrome a une physiopathologie commune avec le
syndrome de Guillain-Barré.
Diagnostic différentiel:
- Les autres neuropathies périphériques
(métaboliques, carentielles, inflammatoires, toxiques,
dégénératives...)
- Les autres causes de polyradiculonévrites
aiguës
- Infectieuses : VIH (séroconversion), CMV, MNI ,
maladie de Lyme
- Inflammatoires : sarcoïdose , lupus
érythémateux disséminé
- Néoplasiques : méningites carcinomateuses ,
hémopathies malignes , gammapathies monoclonales (myélome)
.
- Médicamenteuses: cordarone, perhexiline maléate,
antimitotiques..
- Poliomyélite antérieure aiguë
Examens complémentaires : Aucun ne donne d'argument
en faveur du diagnostic.
- Bilan biologique utiles pour rechercher les diagnostics
différentiels: NFS, VS, FAN, électrophorèse des protides
plasmatiques, sérologies VIH et de Lyme.
- Biopsie : étude anatomie pathologique: Polyneuropathie
démyélinisante. Atteinte axonale possible (mauvais
pronostic). Parfois, réaction inflammatoire dans la gaine
de myéline
- Ponction lombaire pour examen du LCR: élévation de la
protéinorachie (> 0,40 g/l à plusieurs g/l) avec
élévation des gammaglobulines, sans hypercytose
(éléments < 10/mm³) (= dissociation
albuminocytologique). Une hypercytose > 50
éléments/mm³ doit faire reconsidérer le diagnostic et
rechercher une autre étiologie. Le LCR peut être normal au
début de la maladie; il doit être contrôlé une semaine
plus tard.
- Électromyogramme: EMG confirme la polyneuropathie
démyélinisante, vérifie son caractère diffus et confirme
le diagnostic de polyradiculonévrite (allongement des ondes
F).
Démarche diagnostique: Des paresthésies d'évolution
ascendante sur quelques jours, une atteinte diffuse, non
systématisable à un territoire tronculaire ou radiculaire, une
aréflexie généralisée affirment la polyradiculonévrite.
L'interrogatoire vérifie l'absence de prise médicamenteuse ou
d'exposition professionnelle. L'examen du LCR montre l'absence
d'hypercytose (dissociation albuminocytologique), confirmant
ainsi le diagnostic de syndrome de Guillain-Barré. Si le LCR
est normal, il doit être contrôlé une semaine après. NFS,
VS, FAN, électrophorèse des protides plasmatiques, sérologies
VIH et de Lyme sont néanmoins systématiques.
Conduite à tenir :
- Surveillance en milieu hospitalier, à proximité d'une
unité de réanimation à la phase aiguë ensuite en
ambulatoire ,structure adaptée aux soins à proximité
d'une unité de réanimation surveillance attentive à
proximité d'une unité de réanimation , surveillance de la
fonction respiratoire, intubation et ventilation assistée
en cas de détresse respiratoire aiguë , recherche de
troubles de déglutition (arrêt des apports per os si
besoin), surveillance et traitement des troubles
dysautonomiques (atropine, sondage urinaire si
rétention...) , prévention des complications de décubitus
: complications thrombo-emboliques , escarres , rétractions
tendineuses , prévention des ulcères de cornée en cas de
paralysie faciale , kinésithérapie passive précoce échanges
plasmatiques ou immunoglobulines IV si atteinte sévère
- Régime hyperprotidique, hypercalorique en prévention des
escarres. Peut nécessiter une alimentation par sonde
nasogastrique en cas de troubles de déglutition.
- Les corticoïdes sont contre-indiqués car ils majorent
les complications de décubitus et retardent la
récupération., seuls les échanges plasmatiques et les
immunoglobulines ont fait la preuve de leur efficacité.
traitement symptomatique (anticoagulants, atropine...)
- Rééducation précoce
Complications:
-
Encombrement bronchique (toux faible) et
détresse respiratoire aiguë
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Troubles de déglutition avec pneumopathie
de déglutition
-
Syndrome dysautonomique avec risque d'arrêt
cardiaque
-
Syndrome de sécrétion inappropriée d'HAD
-
Complications de décubitus
-
Complications thrombo-emboliques
-
Escarres
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Rétractions tendineuses
-
Complications oculaires de la diplégie
faciale: ulcères de cornée
-
Complications de la réanimation
-
Complications des traitements (échanges
plasmatiques et immunoglobulines)
Évolution :
| 10 à 20% des patients |
20% des patients |
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nécessitent un séjour en réanimation
avec intubation et ventilation assistée. |
gardent des séquelles (motrices et/ou
sensitives) dont 10% sont sévères (post-réanimation) |
L'aréflexie tendineuse persiste fréquemment. risque
faible de chronicisation et évolution vers une
polyradiculonévrite chronique , mortalité faible inférieur
à 5% .
CMV: cytomégalovirus , LCR: liquide
céphalorachidien , MNI: mononucléose infectieuse , NFS:
numération formule sanguine
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