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CELLULITES
INFECTIEUSES
Définition: infections
aiguës du derme et des tissus conjonctifs sous-cutanés à évolution
nécrosante pouvant engager le pronostic vital. Elles constituent une grande
urgence dermatologique dont le traitement est le plus souvent
médico-chirurgical. Différents types cliniques topographiques peuvent être
individualisés.
- Cellulites
nécrosantes des extrémités
- Cellulite
faciale périorbitaire
- Cellulite
périnéale (gangrène de Fournier)
Facteurs de risque généraux
:
- Traumatismes (piqûre,
égratignure, morsure, brûlure) : cellulites gazeuses post-traumatiques par
Clostridium
- Toute lésion cutanée
préexistante (furoncle, eczéma)
- Plaie chirurgicale
- Saphénectomie (cellulite des
membres inférieurs)
- Lymphœdème chronique
(post-chirurgical, post-radique, essentiel)
- Insuffisance veineuse des
membres inférieurs
- Immunodépression et diabète
:chez le diabétique et l'immunodéprimé : Streptocoques et staphylocoques,
Pseudomonas æruginosa , Xanthomonas maltophila , Entérobactéries ,
Mycobactéries atypiques , Champignons (mucormycose, aspergillose,
candidose, cryptococcose) .
- Toxicomanie
intraveineuse
- Facteurs environnementaux et
professionnels : Cellulites
associées à l'environnement
- Erysipelothrix
rhusiopathiæ : bouchers, poissonniers, cuisiniers.
- Æromonas
hydrophila : bains en eau douce et eau de mer .
- Vibrio
parahæmolyticus : bains en eau salée.
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Tableau clinique suivant la
topographie de la cellulite :
A Cellulite
nécrosante des membres inférieurs : est la forme
typique de la cellulite nécrosante des extrémités: plus fréquente chez
l'adulte de plus de 50 ans .
- Signes cliniques :Signes
généraux : malaise , fièvre, frissons , parfois signes de choc
(hypotension, tachycardie, oligurie, polypnée), signes locaux un
placard érythémateux et œdémateux d'extension rapide , douleur et
chaleur locale , zones hémorragiques ou nécrotiques avec parfois bulles ,
marbrures, cyanose , lividités distales · crépitation et odeur fétide si
anaérobies · diminution de la sensibilité à la piqûre , adénopathies
satellites
- Étiologie : Streptocoque
A dans 70% des cas ,Staphylocoque doré , Entérobactéries,
méningocoque, Nocardia, anaérobies plus rarement , Pasteurella multocida
(morsures) .
B Cellulite faciales
périorbitaire : cellulite orbitaire
secondaire à une infection intra-utérine possible chez le nouveau-né , cellulite
faciale possible aussi chez le petit enfant entre 6 mois et 3 ans, cellulite
périorbitaire de l'enfant: s'associe à une ethmoïdite dans 84% des cas. cellulites
faciales de l'enfant s'associe à des infection des voies aériennes
supérieures otite moyenne dans 68% des cas , méningite dans 8% des cas.
- Signes cliniques :
Œdème des paupières parfois monstrueux , rhinorrhée , douleurs
périorbitaires · céphalées · hyperhémie conjonctivale , chémosis ,
ptosis , troubles oculomoteurs , troubles de la sensibilité cornéenne ,
gangrène des paupières ,
- Facteurs de risque:
traumatisme, sinusite chronique , corps étrangers intraorbitaires , plaie
chirurgicale , dacryocystite , infection dentaire
- Étiologie: Cellulites
faciales et périorbitaires : streptocoque A , staphylocoques , hæmophilus
influenzæ sérotype B , pneumocoque
- Complications :
ostéomyélite, strabisme, ophtalmoplégie et trouble de la motricité
pupillaire, infarctus rétinien ou choroïdien, méningite, abcès
cérébral, baisse de l'acuité visuelle, cécité, thrombose du sinus
caverneux, sinusite chronique, rétraction cicatricielle des paupières
C Cellulite des
organes génitaux : Cellulite
périnéale (gangrène de Fournier)
- Signes cliniques :
Œdème inflammatoire des organes génitaux , porte d'entrée traumatique
fréquente , crépitation et odeur nauséabonde, fréquence des anaérobies.
- Étiologie cellulites
des organes génitaux est ouvent plurimicrobiennes , streptocoques ,
Escherichia coli, Bacteroides fragilis , Peptostreptococcus
Diagnostic
différentiel:
- Thrombophlébite
- Ostéomyélite
- Rupture de kyste de
Baker
- Arthrite aiguë
- Myosite
Examens complémentaires :
- Bilan biologiques
:
- Syndrome
inflammatoire avec hyperleucocytose et polynucléose
- Recherche
d'anticorps antistreptocoques (ASLO, antistreptohyaluronidases,
streptozyme). Apporte des arguments uniquement rétrospectifs
d'infection à streptocoque
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- Prélèvements
bactériologiques : ont une grande valeur diagnostique
- Ponction-aspiration
sous-cutanée (positif dans 40% des cas)
- Culture de biopsie
cutanée (positif dans 20% des cas)
- Prélèvement
stérile de bulles
- Écouvillonnage
- Hémocultures
(positives dans moins de 20% des cas)
- Prélèvement
nasal, pharyngé et conjonctival en cas de cellulite
périorbitaire
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- Biopsie : étude
anatomie pathologique: oedème et inflammation du derme et de l'hypoderme
avec infiltration par des polynucléaires
- Ponction lombaire
systématique en cas de cellulite à Hæmophilus sérotype B chez
l'enfant
- Drainage sinusien et
culture de l'aspiration en cas de cellulite d'origine ORL
- Imagerie:
- Radiographies de la
zone atteinte: recherche d'images aériques sous-cutanées
- Échographie et
scanner: permettent d'identifier une éventuelle collection à
drainer
- IRM: permet
d'évaluer l'extension en profondeur du processus infectieux et de
mieux guider le geste chirurgical
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Traitement : hospitalisation
, repos au lit pendant la phase aiguë, régime hypercalorique et
hyperprotidique (3000 cal/24 h avec 2 g/kg de protides)
- Immobilisation et
surélévation du membre atteint
- Traitement de la porte
d'entrée: antisepsie, traitement d'une plaie ou d'un ulcère, traitement
spécifique d'un intertrigo dermatophytique
- Vaccination antitétanique si
le dernier rappel date de plus de 10 ans
- Prévention des thromboses
veineuses par héparinothérapie en cas de cellulite des membres inférieurs
• Équilibration d'un diabète
- Traitement d'un éventuel
choc septique associé
- Débridement chirurgical:
guidé au mieux par l'IRM. S'adresse aux cellulites nécrosantes graves. En
cas de signe de choc, de nécrose tissulaire et/ou de collection,
l'antibiothérapie est insuffisante et une chirurgie d'exérèse des tissus
nécrosés est indiquée.
Indication :
Antibiothérapie de 10 à 20 jours
- Érysipèles et cellulites
peu graves: pénicilline G IV, 12 à 20 MUI/24 h. En cas de forme atypique,
survenant sur une plaie chronique, chez l'immunodéprimé ou le diabétique,
préférer une antibiothérapie antistaphylococcique type amoxicilline +
acide clavulanique (3 à 4 g/24 h) ou pénicilline M (4 à 6 g/24 h). en cas
d'allergie à la pénicilline, érythromycine 2 g/24 h ou roxithromycine 300
mg/24 h
- Cellulites graves:
association ß-lactamine (amoxicilline + acide clavulanique) et aminoside
par voie IV. L'antibiothérapie sera secondairement adaptée aux résultats
des prélèvements. vancomycine IV + aminosides
- Cellulites après morsure:
céfoxitine IV . entretien par amoxicilline 2 à 3 g/24 h ou
tétracyclines
- Cellulite faciale de
l'enfant: céfotaxime IV
- Cellulites à anaérobies:
pénicilline IV 10 à 20 MUI/24 h + métronidazole 2 g/24 h. clindamycine +
métronidazole .
- Cellulites chez
l'immunodéprimé: pipéracilline + aminosides
L'association à des AINS
est interdite
(elle peut aggraver l'évolution de la cellulite) .
Surveillance: surveillance
clinique de l'état local: extension de l'érythème et de l'œdème dont les
limites précises doivent être marquées sur la peau le premier jour au stylo
feutre , prélèvements bactériologiques et hémocultures répétées en cas de
persistance de la fièvre , IRM dans les formes sévères.
Prophylaxie :
- Traitement d'un intertrigo
dermatophytique, constituant une porte d'entrée fréquente
- Éviter les
traumatismes
- Contention élastique en cas
d'insuffisance veineuse des membres inférieurs
- Maintenir une bonne hygiène
cutanée
- Régime hypocalorique si
obésité
- Dans les formes
récidivantes, on peut proposer une prophylaxie des récidives par
pénicilline au long cours (pénicilline V per os 500 000 UI 2 fois par jour
ou benzathine-benzyl-pénicilline IM 2,4 MUI toutes les trois
semaines)
- Cellulite à Hæmophilus
influenzæ: prophylaxie de la famille par rifampicine 20 mg/kg/j pendant 3
jours
Complications:
- Bactériémie
- Abcès local
- Lymphangite
- Décès
- Gangrène et
amputation
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- Infection nosocomiale
à bacille à Gram négatif
- Thrombophlébite
- Lymphœdème chronique
en cas de cellulite récidivante
- Méningite (8% des
cellulites faciales de l'enfant)
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Évolution : habituellement
favorable en cas de traitement adapté , 15 à 30% de décès dans les
cellulites sévères , les AINS pourraient aggraver l'évolution.
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