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Elle se définit
habituellement par l’absence chez la femme de sensations voluptueuses
lors du rapport sexuel. Dans la frigidité totale, la femme n’éprouve
ni volupté lors des caresses préliminaires, ni sensation rudimentaire
d’orgasme. Dans la frigidité relative, la femme peut éprouver de
temps à autre l’orgasme, mais son désir reste faible. Une autre
forme de frigidité relative est caractérisée par le fait que la
femme, malgré un désir sexuel intense et une volupté initiale,
n’arrive pas à l’orgasme pendant le coït. Certains auteurs (Zwang,
Bergler) distinguent aussi la frigidité primaire ou obligatoire :
l’orgasme n’a jamais été obtenu dans des rapports hétérosexuels,
et la frigidité secondaire ou «facultative», où l’absence de
volupté est liée au partenaire ou à une situation particulière. Il
faut bien distinguer la frigidité proprement dite, qui est donc indifférence
dans la relation sexuelle, et les cas dans lesquels l’acte sexuel est
douloureux: vaginisme et dyspareunie. L’étiologie de ces troubles est
manifestement organique lorsqu’un examen clinique décèle des causes
locales: malformation ou cicatrices obstétricales affectant la vulve ou
le vagin, organes génitaux internes ptosés ou en mauvaise position
anatomique, lésions inflammatoires pelviennes. D’autres causes
peuvent être générales: neuropathies (sclérose en plaques) ou
endocrinopathies (hypothyroïdie, maladie d’Addison, troubles
hypophysaires).
Certains cas de frigidité
se rattachent à l’histoire sexuelle de la femme: cas des femmes qui
ont été violées ou qui ont été traitées brutalement par leur
partenaire. On peut également ranger dans cette série de facteurs les
cas de frigidité secondaire qui dépendent du partenaire et de
certaines situations conflictuelles. Enfin, et c’est le cas le plus fréquent,
la frigidité n’est qu’une manifestation névrotique parmi
d’autres, à laquelle on ne peut donner d’explication sans tenir
compte de la structure névrotique dans laquelle elle s’inscrit. La
plupart des psychanalystes s’accordent pour voir au centre de cette
inhibition sexuelle des conflits d’ordre œdipien: attachements
incestueux, homosexualité plus ou moins latente, sentiments de
culpabilité liés à l’acte sexuel, complexe de castration avec
revendication phallique... Ces troubles névrotiques peuvent être
accentués par la présence d’une bisexualité prononcée.
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