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ULCERE GASTRODUODENAL
CHRONIQUE
- Definition
UD et UG
- Etiologie
- Signes
cliniques
- Diagnostic
- Examens
Paracliniques
- Traitement
- Complications
- Evolution
1-Definition
et comparaison entre UD et UG
• Perte de substance
gastrique ou duodénale d'origine non tumorale
• Maladie chronique (MUGD) évoluant par poussées aiguës récidivantes
- Ulcère duodénal (UD)
- Ulcère gastrique (UG)
• Sujet âgé: ulcères souvent asymptomatiques et révélés par une
complication (hémorragies ou
perforation). Rôle favorisant de la prise d'AINS chez le patient de
plus de 65 ans
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Ulcère
duodénal (UD) |
Ulcère
gastrique (UG) |
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Helicobacter
pylori |
retrouvé chez
90% des UD |
retrouvé chez
70% en cas de UG |
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+AINS |
moins incriminé |
il devient 3-4
fois plus fréquent que l'UD |
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frequence |
2 à 3
fois plus fréquent que l'ulcère gastrique |
beaucoup moins
fréquent |
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Sexe |
homme > femme
(2/1 à 3/1) |
homme =
femme |
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Age |
25-75 ans
(rare avant 15 ans) |
pic d'incidence
55-65 ans (rare avant 40 ans) |
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Siege |
bulbe
duodénal ++ |
la petite
courbure ou dans la zone prépylorique ++ |
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incidence |
2‰ |
0,05‰ |
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Prévalence
fr |
10% |
2% |
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surveillance |
suivi clinique. Pas de contrôle endoscopique en l'absence de
symptomatologie
|
contrôle
endoscopique avec biopsies indispensable après traitement (6 à 8
semaines) |
2-Etiologie: Haut
• Déséquilibre entre les facteurs agressifs (acidité gastrique,
pepsine, acides biliaires, enzymes pancréatiques) et les facteurs protecteurs
de la muqueuse gastrique (mucus, bicarbonates, flux sanguin, prostaglandines,
facteurs de croissance, renouvellement cellulaire)
• Helicobacter pylori est retrouvé chez 90% des UD (70% en cas de UG). Il est
un des facteurs majeurs dans l'ulcérogenèse, en complément de la sécrétion
acide gastrique.
• Les traitements gastrotoxiques comme les AINS ou l'aspirine peuvent être
responsables d'ulcères, plus souvent gastriques que duodénaux, ou aggraver des
ulcères préexistants.
Facteurs de risque:
• Démontrés: hypersécrétion acide (notamment au cours du syndrome de
Zollinger-Ellison), infection à H. pylori (pour UD, pour UG), tabagisme, prise
de médicaments gastro-toxiques (AINS, aspirine), antécédents familiaux de
MUGD, pancréatite chronique (UD), cirrhose
• Possibles: corticoïdes (fortes doses prolongées), groupe sanguin O
• Très peu ou non probables: épices, alcool, caféine, paracétamol
3-Signes cliniques: Haut
• Douleurs
- Habituellement, crampes ou brûlures épigastriques survenant 1 à 3 h après
les repas, calmées par l'alimentation, les anti-acides ou les anti-sécrétoires,
réveillant volontiers le patient en fin de nuit. Ces douleurs ont volontiers un
caractère périodique.
- Parfois, douleurs vagues, à type d'inconfort digestif, de crampes, de faim
douloureuse
• Dyspepsie, pyrosis
• Vomissements post-prandiaux (inhabituels, doivent faire rechercher une sténose
pyloro-duodénale)
• Signes de complications (plus grande fréquences des formes asymptomatiques
révélées par une complication chez les patients prenant un traitement par
AINS)
- Perforation (douleur abdominale intense rapidement diffuse)
- Hémorragie (hématémèse, méléna, plus rarement anémie ferriprive)
4-Examens Paracliniques: Haut
Examens biologiques::
• Anémie ferriprive (d'abord éliminer une cause colique avant de l'attribuer
à l'ulcère)
• Mise en évidence d'une infection par H. pylori (culture des biopsies, test
rapide à l'urée, sérologie)
• Etude de la sécrétion gastrique et dosage de la gastrinémie (uniquement
si recherche d'un ZE)
Fibroscopie œso-gastro-duodénale, permet de localiser l'ulcère et de réaliser
des biopsies , anatomie pathologique:
• Perte de substance muqueuse atteignant la musculeuse
• Diamètre de l'ulcère fréquemment > 5 mm
• H. pylori présent (biopsies antrales) dans plus de 90% des UD et plus de
75% des UG
5-Diagnostic:
Haut
Diagnostic +:
• Endoscopie (sensibilité > 95%)
• Biopsies perendoscopiques
- Dans l'antre à la recherche de H. pylori
- Sur les berges de l'ulcère en cas d'UG (++, diagnostic différentiel de l'ulcéro-cancer)
Diagnostic différentiel:
• Cancer à forme ulcérée en cas d'UG. La répétition de l'endoscopie et
des biopsies après le traitement médical est impérative.
• Reflux gastro-œsophagien
• Dyspepsie non ulcéreuse
• Gastrites aiguës (médicamenteuses, allergiques, infectieuses...)
• Lithiase biliaire
• Pancréatite
• Angor =>infarctus postero-diaphragmatique: signes vagaux.
• Atteinte gastrique de la maladie de Crohn
6-Traitement:
Haut
• Arrêt de l'intoxication tabagique
• Arrêt si possible de la consommation d'AINS ou d'aspirine
• Prévention médicamenteuse des récidives en cas d'UD (traitement
d'entretien ou éradication de H. pylori)
• Dans l'UG, l'endoscopie et les biopsies doivent être répétées après le
traitement d'attaque (diagnostic différentiel de l'ulcéro-cancer)
Produits :
• Anti-sécrétoires gastriques
- Antihistaminiques H2: cicatrisation (6 à 8 semaines de traitement) dans 80%
(UG) à 90% des cas (UD) (ranitidine 300 mg/j; cimétidine 800 mg/j; famotidine
40 mg/j; nizatidine 300 mg/j)
- Inhibiteurs de la pompe à protons (IPP): cicatrisation (4 à 6 semaines de
traitement) dans plus de 90% des cas (UD et UG) (oméprazole 20 mg/j;
lanzoprazole 30 mg/j)
- En cas de résistance, les doses quotidiennes d'antihistaminiques H2 et d'IPP
peuvent être doublées.
• Protecteurs muqueux
- Sucralfate, 4 g/j en 2 à 4 prises pendant 4-8 semaines; efficacité
globalement équivalente aux antihistaminiques H2
- Anti-acides: sels aluminium et de magnésium. Surtout utilisés pour lutter
contre le syndrome douloureux
• Place du traitement de l'infection à H. pylori dans l'UD
- L'éradication de H. pylori permet de diminuer la fréquence des récidives
sans prescription d'un traitement d'entretien.
- Les meilleurs résultats sont obtenus en associant: a) un antisécrétoire à
double dose et en deux prises (antihistaminique H2 ou IPP) pendant 2 semaines,
puis à dose normale pendant 2 autres semaines, b) deux antibiotiques pendant 10
jours à raison de 2 prises quotidiennes: amoxicilline 2 g/j associée à un
macrolide (roxithromycine 600 mg/j, clarithromycine 1 g/j)
- Les échecs sont liés à une résistance bactérienne, à une mauvaise
compliance ou à la survenue d'effets indésirables, à une récidive de
l'infection ou à une réinfection.
Contre-indications:
• Hypersensibilité à l'un de ces agents
• IPP: insuffisance rénale (clairance de la créatinine < 30 ml/min) pour
le lansoprazole
Précautions d'emploi:
• Antihistaminiques H2: insuffisance rénale, réduction des doses;
insuffisance
hépatocellulaire sévère, réduire la posologie d'un tiers de la ranitidine et
la nizatidine;
grossesse, innocuité non établie
• IPP: ne pas arrêter brutalement le traitement si fortes doses; grossesse,
allaitement,
enfant, innocuité non établie
• Administrer le sucralfate à distance des repas pour éviter l'adsorption
sur les aliments
Grossesse: La prescription d'antihistaminiques H2 reste déconseillée, au moins
pendant les 2 premiers trimestres. Les IPP sont contre-indiqués en l'absence de
données suffisantes.
Interactions médicamenteuses:
• Interaction de la cimétidine avec de nombreux médicaments par inhibition
du cytochrome P 450 (théophylline, warfarine, phénytoïne, lidocaïne) en
diminuant leur clairance
• Pas d'interaction de la ranitidine ni de la famotidine avec la théophylline
• Pas d'interaction avec la nizatidine
• L'oméprazole peut prolonger la demi-vie du diazépam, de la warfarine et de
la phénytoïne.
• Le sucralfate réduit l'absorption des tétracyclines, de la norfloxacine et
de la théophylline.
7-Complications:
Haut
• Hémorragies digestives plus ou moins massives dans 15 à 20% des cas (révélatrices
dans 10% des cas). Un grand nombre surviennent lors d'un traitement par AINS ou
lors de la prise d'aspirine. Elles peuvent imposer un geste chirurgical, parfois
en urgence (hémorragie massive ou non contrôlée, récidive hémorragique).
• Perforations dans 5% des cas. Elles paraissent favorisées par un traitement
AINS. Elles sont évoquées devant des douleurs épigastriques brutales
irradiant vers l'épaule droite, des signes d'irritation péritonéale, un
pneumopéritoine sur la radiographie d'abdomen sans préparation. Une
opacification avec des produits hydrosolubles peut être proposée en cas de
diagnostic douteux d'une perforation ulcéreuse. Le traitement chirurgical doit
être proposé en cas d'échec ou de contre-indication au traitement médical
(diagnostic
tardif notamment).
• Sténose pyloro-duodénale dans 5% des ulcères duodénaux ou pyloriques. Évoquée
devant l'apparition de vomissements
8-Evolution : Haut
• La non-cicatrisation d'un UG après 12 semaines de traitement doit faire
poser l'indication du traitement chirurgical.
• Le taux de récidive à 1 an est de 70 à 90% dans l'UD.
• Le traitement d'entretien au long cours par antihistaminiques H2 à demi
dose permet de diminuer significativement la fréquence des récidives de l'UD.
La place de ce traitement est discutée, l'éradication de H. pylori permettant
de modifier le cours évolutif d'UD.
• L'éradication de H. pylori permet de réduire à moins de 10% le
pourcentage des récidives à 1 an (versus 80% chez les patients H. pylori +),
diminuant ainsi de façon importante le coût de traitement au long cours de l'UD.
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