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Le DID est un état d'hyperglycémie chronique par déficit
en insuline. Maladie chronique évoluant inexorablement vers les complications qui
apparaissent après différents délais d'ðévolution, liées à l'équilibre
glycémique
Mecanisme: un processus auto-immun de destruction des
cellules B des îlots de Langerhans, l'insulite.
Les complications sont nombreuses: athérosclérose, rétinopathie,
néphropathie, neuropathie. Il est grevé d'une morbidité et d'une
mortalité significatives.
Epidemiologie:
| 1-Il atteint 100 000
personnes en France; |
| 2-Risque dans la
population générale est de 0,2%. |
| 3-Age de prédilection:
Inférieur à 40 ans, pic d'incidence à la puberté |
| 4-Sexe : Homme = femme |
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5-Facteurs
de risque:
• Anticorps anti-cytoplasme d'îlots (ICA)
positifs
• Rôle de certains virus en tant que facteurs déclenchants
• 40% des DID sont HLA DR3 DR4 (risque relatif de DID supérieur
à 12)
• Autres associations: HLA B8, B15, DQw8
• HLA DR2 est protecteur.
• Le risque pour un enfant d'être DID est de 5% si sa mère
est DID, 3,5% si c'est son père. |
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Etiologie:
• Processus auto-immun: infiltration des îlots de Langerhans par une réaction
inflammatoire (essentiellement des lymphocytes CD8), avec atteinte élective
des cellules B qui sécrètent l'insuline. L'ðhyperglycémie est présente
quand 70 à 80% des cellules sont détruites.
• Peut s'intégrer dans une poly-endocrinopathie auto-immune (Addison,
maladie thyroïdienne...)
Signes cliniques:
• Syndrome polyuro-polydipsique
• Asthénie, amaigrissement sans anorexie (sauf en cas de cétose), déshydratation
• Découverte par une complication de la maladie comme une acidocétose
en cas de début brutal ou de retard au diagnostic
• Infections à répétition (candidose...)
• Découverte lors d'un dépistage: protéinurie, glycémie systématique
ou une glycosurie à la bandelette
• Dépistage chez les apparentés d'un DID, chez les jeunes intolérants
au glucose ou ayant une hyperglycémie transitoire (HLA, anticorps anti-îlots
de Langerhans ou anti-insuline, insulinémie après glucose IV): il peut
permettre une immuno-intervention à un stade précoce
La femme et le diabete :
la grossesse:
• Importance d'une contraception adaptée (moyens locaux, progestatifs
microdosés ou macrodosés non norstéroïdiens, éventuel DIU chez une
multipare)
• Objectif: limiter au maximum les risques pour la mère (accident
coronarien, aggravation des complications) et pour le fœtus
(malformations x 2, prématurité x 5, macrosomie...)
• Toute grossesse devrait être planifiée (2 ans) après un bilan des
complications et mise en route d'une insulinothérapie intensifiée (6
contrôles glycémiques quotidiens) pour obtenir l'euglycémie lors de la
conception. Surveillance étroite de la mère et du fœtus avec
collaboration obstétricien-endocrinologue visite tous les mois puis tous
les 8 à 15 jours
Diagnostic différentiel:
• DNID de type MODY, chez un sujet jeune
• Diabètes secondaires (voir "DNID")
Diagnostique +:
• Poser le diagnostic de DID par glycémie HGPO
• Bilan des complications
• Education et mise en route d'un traitement
Examens Biologiques:
• Glycémie à jeun
- Normale (0,7 à 1g/l), n'exclut pas le diagnostic
- > 1,4 g/l à jeun, à 2 reprises, pose le diagnostic
- Entre les deux, indication à une HGPO
• Autres: urée, créatinine, bilan hépatique, lipidique, ECBU, protéinurie,
albuminurie
• HGPO (75 g de glucose). Pose le diagnostic si la glycémie à 2 heures
est supérieure à 2 g/l
• Dépistage des complications: examen ophtalmologique et fond d'œil,
ECG
• Les dosages d'insuline et de peptide C ne sont pas utiles dans les
formes communes.
• Hémoglobine glycosylée (HbA1c) ne sert pas au diagnostic mais à la
surveillance
• ICA (positif au début de l'évolution), statut HLA
Les médicaments interférant avec le métabolisme du glucose parmi
lesquels on peut citer
| les hyperglycémiants |
les hypoglycémiants |
- corticoïdes
- glucose
- beta-mimétiques
- diurétiques thiazidiques
- furosémide
- œstroprogestatifs
- diphénylhydantoïne
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- alcool
- hypoglycémiants oraux
- insuline
- beta-bloquants
- salicylés
- dextropropoxyphène.
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Etats pathologiques interférant avec les résultats:
- fièvre
- grossesse
- hypothyroïdie
- hyperthyroïdie
- acromégalie
- cushing
- malabsorption
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- tumeur pancréatique
- Infections récentes
- insuffisance surrénale
- insuffisance antéhypophysaire
- phéochromocytome
- atteinte de la régulation centrale
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Traitement :Traitement complexe qui comporte de
nombreux volets; nécessite une prise en charge spécialisée
multidisciplinaire (endocrinologue, généraliste, diététicien, infirmière)
1-Régime:
-Vise à maintenir un poids normal et à contrôler l'équilibre métabolique
(glycémique, lipidique).
-Normocalorique, 50-55% glucides; 30-35% lipides (favoriser les graisses
poly- et mono-insaturées); 15% protides
-Réduction majeure de l'apport en sucres simples (< 10%, lors des
repas), sucres lents présents à chaque repas. Favoriser l'adjonction de
fibres.
2-Insulinothérapie substitutive par injections sous-cutanées
3-Recherche et prévention des complications aiguës et chroniques
4-Education du patient sur sa maladie et ses complications: importance du
régime, d'un suivi régulier, signes d'hypoglycémie, dð'acidocétose,
technique d'injection d'insuline, autosurveillance et adaptation du
traitement
5-Education de la famille sur les signes et la conduite à tenir en cas de
déséquilibre glycémique
6-Contact avec les associations de diabétiques Pratique régulière d'une
activité physique avec adaptation du traitement et surveillance glycémique
• Traitement étiologique très précoce après dépistage
• Utilisation d'immunosuppresseurs (ciclosporine, azathioprine),
immunotoxines, anticorps monoclonaux dans le but de préserver une
insulinosécrétion résiduelle
• Des rémissions transitoires sont observées.
• Indication et surveillance relevant de milieux très spécialisés
Moyens:
• Insuline. Préférer les insulines humaines. Existe sous de nombreuses
formes (flacons à 40 U/ml pour injections SC avec aiguilles montées, à
usage unique et cartouches pour stylos à 100 U/ml)
| PRODUIT |
VOIE D'ADMINISTRATION |
Délai d'action |
Durée d'action |
| Insuline ordinaire ou rapide,IO |
en IV ou SC) |
30 minutes |
6 à 8 heures. |
| Insulines semi-lentes NPH |
SC |
2 heures |
12 à 18 heures |
| Insulines lentes et ultra-lentes |
SC |
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18 à 40 heures |
| Mélange semi-lente/ordinaire en proportions
variables MIXTRAD |
SC |
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• Les schémas d'insulinothérapie sont différents selon les objectifs
glycémiques; débuter en moyenne à 0,5 UI/kg/j
- De survie (éviter l'acidocétose chez un patient très opposant), de
confort (sujet âgé): 1 injection par jour de lente ou semi-lente selon
la fonction rénale
- Conventionnelle: 2 injections par jour (2/3 le matin et 1/3 le soir) de
semi-lente ou de mélange. Glycémies capillaires biquotidiennes,
objectif: supprimer les symptômes de la maladie, glycémie à jeun entre
1,2 et 2 g/l. Passage à 3 injections par jour (IO à midi) en cas de diabète
instable
- Optimisée: discontinue par 3 (IO matin et midi, mélange le soir) à 4
injections (IO matin, midi, soir, semi-lente au coucher ou lente pour
couvrir la journée) par jour ou continue à la pompe sous-cutanée. En
cas de grossesse, en pré-transplantation, diabétique jeune, motivé, ne
vivant pas seul. Les objectifs sont la normoglycémie et la prévention
des complications. Le risque est l'hypoglycémie.
- En cours d'étude: insuline nasale, orale, rectale.
Contre-indications :
• Hypoglycémies
• Allergie à l'insuline, très rare, nécessite une désensibilisation.
Précautions d'emploi :
• Autosurveillance pluriquotidienne pour éviter les hypoglycémies.
• Rotation des points d'injection dans une même zone
• Association avec autres substances hypoglycémiantes
Surveillance:
• Pluriquotidienne, par le patient, à noter sur un carnet (éducation)
- Glycémies capillaires à jeun et post-prandiales (au mieux avec un
lecteur de glycémies), glycosurie, cétonurie à la bandelette
- Adaptation des doses d'insuline selon les glycémies. Faire varier la
dose d'insuline précédant l'hyper- ou l'hypoglycémie. Diminuer avant un
effort. Majorer en cas d'infection, de cétonurie.
• Tous les 3 mois (plus souvent en cas de déséquilibre, de
complications): examen clinique, mesure de la pression artérielle,
inspection des pieds. Glycémie à jeun, post-prandiale, hémoglobine
glyquée ± fructosamine (reflet de l'équilibre glycémique lors des 2
mois et 3 semaines précédant respectivement). Relecture du carnet,
reprise de l'éducation
• Tous les ans, en hôpital de jour ou semaine: bilan glycémique et
recherche des complications
- Examen clinique complet (palpation des pouls, pression artérielle,
souffles vasculaires, pieds...)
- Urée, créatinine, protéinurie, albuminurie, ECBU, cholestérol,
triglycérides, apoA1, apoB, bilan hépatique, hémostase, examen
ophtalmologique, fond d'œil ± angiographie, ECG ± épreuve d'effort,
doppler (membres inférieurs et vaisseaux du cou), TcpO2 (pression
partielle transcutanée en O2)
Complications:
• Aiguës: acidocétose par manque d'insuline
• Coma hyperosmolaire
• Hypoglycémie par surdosage en insuline
• Risque majoré d'infections de tous types, particulièrement
mycosiques
• Affections dégénératives
- Athérosclérose: précoce et grave chez le diabétique (cœur, membres
inférieurs, cerveau).
Fréquence des accidents vasculaires (infarctus du myocarde souvent
silencieux, accidents vasculaires cérébraux, artérite des membres inférieurs
avec risque d'amputation). Prévenue au mieux par le contrôle glycémique
et la recherche et le traitement des autres facteurs de risque vasculaires
(dyslipidémies)
- Rétinopathie: manifestation de micro-angiopathie. Apparaît en général
après 5 ans
d'évolution, 1ère cause de cécité des pays développés, bénéficie
de photocoagulation par laser. Fond d'œil et angiographie à faire par un
ophtalmologiste habitué au diabète
- Néphropathie: manifestation de micro-angiopathie. Peut aboutir à la
dialyse. Détecter l'albuminurie, 1er stade de l'atteinte glomérulaire
(intérêt des IEC), traiter l'HTA, limiter l'apport protidique en cas
d'insuffisance rénale chronique. Possibilité de greffe rein-pancréas
dans les formes terminales
- Neuropathie: à la fois périphérique (polynévrite avec abolition des
réflexes achilléens, mononévrites) et autonome (impuissance, gastroparésie,
hypotension orthostatique).
Traitement symptomatique de la gêne et des douleurs
- Pied diabétique: atteinte plurifactorielle, vasculaire, nerveuse et
infectieuse. Risque d'ostéomyélite. Prévention par les mesures d'hygiène
et la lutte contre les traumatismes
Mesures hygiéno-diététiques: Hygiène rigoureuse et surveillance de l'état plantaire
; pédicure, vaccinations à jour, arrêt du tabac et de l'alcool
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