ONYCHOMYCOSE = Tinea unguium = Dermatophytose
unguéale = Onyxis et périonyxis candidosiques
Définition: Infections de l'ongle par un agent fongique
( dermatophyte,
levure ou champignon dimorphe ). Très fréquentes. Souvent associées à une
infection bactérienne
Étiologie:
- Dermatophytes - Atteignent la kératine normale - Trichophyton
rubrum: le plus fréquent (mains et pieds) - Trichophyton mentagrophytes,
variété interdigitale (pieds seulement) - Epidermophyton floccosum,
Trichophyton violaceum, Trichophyton schönleinii: moins fréquents
- Candida - 70% Candida albicans - Candida parapsilosis, Candida
tropicalis, Candida krusei (moins fréquent)
- Moisissures - Atteignent la kératine altérée. - Par ordre
décroissant de fréquence: Scopulariopsis brevicaulis, Hendersonula
toruloidea, Aspergillus sp., Alternaria tenuis, Cephalosporium, Fusarium,
Scytalidium hyalinium
Facteurs de risque: Chercher une immunodéficience sous-jacente ou une
maladie métabolique chronique dans les cas qui s'aggravent rapidement
- Onychomycose à dermatophyte
- Humidité
- Chaleur
- Chaussures trop serrées
- Atteinte vasculaire
périphérique
|
- Contamination directe ou
indirecte (patient, entourage)
- hyperhidrose,
chaussures en caoutchouc
- Dépression de l'immunité à médiation cellulaire
|
- Onychomycose à Candida
- Diabète sucré
-
Hyperparathyroïdie
- Hypothyroïdie
- Maladie d'Addison
- Hyperhidrose
- Engelure
- Dyscrasies
-
Phénomène de Raynaud
- Lésion de la
cuticule
- Macération
- Onycholyse psoriasique
- Occlusion
- Malnutrition,
malabsorption
- Tumeurs malignes (hémopathies)
|
- Autocontamination à partir d'un
foyer extra-ungueal (prurit anovulvaire ou périrectal)
- Contact avec des substances sucrées ou
agressives (détergents, médicaments, etc.)
- Période
postopératoire
- Immunodéficience congénitale ou acquise (notamment SIDA)
- Professions exposées: pâtissiers, femmes de ménage, infirmières,
blanchisseuses, plongeurs.
|
- Onychomycose à moisissures
- Contamination tellurique
- Troubles vasculaires
- Chevauchement des orteils
- Onychogryphose
(épaississement très accusé de l'ongle, avec incurvation en corne de
bélier)
|
Signes cliniques :
- Onychomycose à dermatophyte
: généralement précédée
par une infection à dermatophyte dans une autre région (inoculation à la
suite du grattage de foyers préexistants ou d'une mycose des pieds) , cause
la plus fréquente d'onychomycose chez l'adulte , dans 80% des cas atteinte
des ongles des orteils , en particulier le gros orteil , infection
concomitante des ongles des mains et des pieds rare - Quatre formes
cliniques distinctes
- Onychomycose sous-unguéale disto-latérale
: forme clinique
la plus fréquente ,le champignon pénètre par le bord libre ou latéral
de l'ongle et progresse vers la région proximale en atteignant l'hyponychium
puis le lit de l'ongle et la tablette. Touche un ou plusieurs doigts ou
orteils.
- Hyperkératose sous-unguéale: amas de coloration gris-jaunâtre
qui décolle le bord libre de l'ongle, donc perte de la transparence de
l'ongle à sa partie distale
- Onycholyse: décollement de la tablette du
lit ungueal
- Chromonychie: coloration de l'ongle allant du jaune au brun -
Modifications dystrophiques: épaississement, déformation, friabilité de
l'ongle
- Possibles onychomadèse
( chute de l'ongle décollé ), avulsion
traumatique
|
Symptômes subjectifs absents ou discrets (sauf surinfection
bactérienne ou déformations importantes) . Vitesse de progression du
dermatophyte: fonction de l'espèce , en cas d'onychomycose latérale,
progression soit vers la région proximale, soit vers la région distale.
Rarement, atteinte de la tablette avec progression vers le bord latéral
opposé
- Onychomycose sous-unguéale proximale : rare , Envahissement
à partir de la face profonde du repli postérieur ongles des mains ou des
pieds leuconychies (colorations blanches de l'ongle): se développent sous
le repli unguéal postérieur et s'étendent à la tablette vers la lunule
et la zone distale.
- Leuconychies superficielles
orteils uniquement (gros orteil) atteinte
de la partie superficielle de l'ongle taches blanches, opaques, friables
de la tablette unguéale superficielle peuvent confluer et atteindre toute
la surface de l'ongle. trichophyton mentagrophytes: le plus souvent
- Onycho-myco-dystrophie totale: onychomycose négligée avec propagation
proximale des lésions, destruction de la lame superficielle et
hyperkératose considérable du lit de l'ongle (aspect de bois vermoulu)
- Onychomycose à Candida touche avec prédilection les femmes.
professions exposées (microtraumatismes des ongles, contacts avec des
substances agressives) mains dans 70% des cas; le majeur surtout (main
dominante le plus souvent) envahissement des tissus péri-unguéaux et
secondairement de la kératine
- Association onyxis-périonyxis
- Périonyxis: tuméfaction inflammatoire,
sensible, d'évolution subaiguë ou chronique, des replis sus- et
péri-unguéaux. La pression peut faire sourdre une gouttelette de pus
contenant des levures.
- Onyxis: débute à la partie proximale de l'ongle
(plus rarement sur les bords latéraux) , détachement de la cuticule , taches jaunâtres, verdâtres ou noirâtres des bords latéraux,
tablette
irrégulière, convexe, rugueuse avec sillons transversaux, qui devient
opaque, molle et friable
- Onycholyse: fréquente, surtout aux mains
, douleur modérée en l'absence de surinfection, augmentée par l'humidité
, association bactérienne fréquente
|
- Autres formes cliniques
- Onychomycose sous-unguéale disto-latérale:
onycholyse distale ou onyxis hyperkératosique distal
- Onyxis primaire sans
périonyxis peu fréquent (pieds). Ongle blanchâtre à noirâtre, opaque,
friable, aminci, voire onycholyse
- Leuconychie superficielle candidosique
: forme de l'enfant onychomycoses à moisissures , plus
fréquente au-delà de 60 ans ,gros orteil le plus souvent ressemble
à l'onychomycose disto-latérale
|
Diagnostic différentiel :
- Panaris herpétique
- Eczéma
- Lichen plan
- Pelade
- Psoriasis unguéal
- Tumeur unguéale
- Maladie de Darier
- Pityriasis rubrapilaire
- Médicaments
- Mélanonychie (hématome mélanique)
- Traumatismes (onychophagie)
- Maladies endocriniennes
- Agents chimiques, physiques, tabac
|
- Périonyxis bactérien notamment la dyschromie verte due à
Pseudomonas æruginosa
- Troubles trophiques, notamment maladies vasculaires périphériques
- Syndrome des ongles jaunes ( lymphœdème primitif, manifestations
bronchopulmonaires )
- Coloration blanchâtre de l'ongle acquise (traumatismes, infections
aiguës, maladies chroniques, intoxication à l'arsenic ou au
thallium, cirrhose hépatique, hypoalbuminémie chronique)
|
Examens complémentaires : ces examens sont influencés par la qualité du prélèvement.
- Examen direct au microscope optique (préparation au KOH) d'un fragment de
tablette unguéale découpé à la pince ou au scalpel et de squames
cornées de la région sous-unguéale proximale. Risque de résultat erroné
ou douteux. Sensibilité proche de 100% à condition d'examiner plus de deux
prélèvements
- Culture sur milieu de Sabouraud: nombreux faux-négatifs (dans 20% des
cas, agent fongique non viable ou recueil d'un fragment non parasité) ou
faux-positifs (champignons saprophytes)
- Examen histologique de la kératine: moyen diagnostique le plus fiable
Diagnostique: Biopsie au scalpel ou au punch des lésions proximales
avec coloration au PAS , Grattage de l'ongle et examen au microscope après
préparation au KOH .Présence d'agents pathogènes dans la kératine de l'ongle
Traitements :------------------------------------
- Éviter les facteurs favorisant la multiplication des champignons (
chaleur, humidité, obscurité ).
- Traiter tous les facteurs favorisants ( maladies sous-jacentes
prédisposantes ).
- Traiter les autres foyers mycosiques (40%).
- Traiter une surinfection éventuelle.
Ablation de l'ongle:
( pédicure ) enlève la kératine infectée.
- Mécanique: ramollir
par pansement occlusif, détacher la tablette du lit de l'ongle à l'aide de
pinces ou d'une lime.
- Chimique: protéger la peau avoisinante avec du
sparadrap, puis appliquer une pommade à base d'urée à 40% ou d'acide
salicylique à 30% ou d'iodure de potassium à 50%, maintenue sous pansement
occlusif.
- Avulsion chirurgicale: lorsque seul un ou quelques ongles sont
atteints. Meulage de l'ongle: peut être utile, association à un
antifongique local ou systémique
|
Onychomycose à dermatophytes
- Traitements locaux - Moins efficaces que
per os - Appliquer sous pansement occlusif. - Peuvent être mélangés à des
kératolytiques. - Médicaments les plus fréquemment utilisés · imidazolés:
clotrimazole, miconazole, éconazole, kétoconazole, isoconazole, bifonazole,
sulfoconazole = dermatophytes, Candida · dérivés des acides gras insaturés:
acide propionique, acide undécylénique, haloprogine, tonalftate,
griséofulvine = dermatophytes seulement · nystatine, amphotéricine B =
Candida et parfois moisissures · médications à spectre large:
ciclopiroxolamine, pimaricine - Autres produits: ammoniums quaternaires,
dérivés halogénés, chlorés, iodés (teinture d'iode, bétadine),
chlorhexidine, hexamidine - Vernis: amorolfine, ciclopiroxolamine
-
Traitements systémiques - Griséofulvine: dermatophytes · adulte: 500 mg à 1
g/j aux repas · enfant: 10 mg/kg/j aux repas - Kétoconazole: dermatophytes,
Candida, certaines moisissures · adulte: 200 à 400 mg/j · enfant: 4 à 7
mg/kg/j - Terbinafine: dermatophytes, Candida · adulte: 250 mg/j, 6 semaines à
3 mois pour les mains, 3 à 6 mois pour les pieds · non recommandée chez
l'enfant
Indications
Onychomycose disto-latérale ou proximale:
traitement
antifongique local et systémique, leuconychie superficielle: antifongiques
locaux
Onychomycose à Candida Traiter avec un topique efficace à la
fois sur le Candida et les bactéries (dérivé imidazolé, ciclopiroxolamine).
- En cas de surinfection bactérienne, associer un antibactérien et un
médicament actif contre le Candida, par exemple - Amphotéricine B topique,
nystatine topique - Kétoconazole topique ou per os (200 à 400 mg/j) -
Terbinafine (250 mg/j)
- Onychomycose disto-latérale avec hyperkératose
sous-unguéale: antifongique systémique imidazolé ou terbinafine associé au
traitement local
- Onycholyse pure, leuconychie superficielle: traitement
local seul
- Onychomycoses à moisissures
: Avulsion totale ou partielle
associée aux antifongiques locaux imidazolés Vernis Itraconazole et la
terbinafine seraient efficaces. Autres: alcool iodé, nitrate d'argent,
glutaraldéhyde
|
Fluconazole et itraconazole. Utilisés dans les mycoses systémiques, ils ne
le sont habituellement pas dans les onychomycoses.
Traitements selon l'age :
- Enfant : onychomycoses à dermatophytes rares avant la puberté. Les
infections à Candida se présentent le plus souvent sous forme de
leuconychie superficielle. adapter la posologie des médicaments au poids
corporel
- Sujet âgé : onychomycoses à moisissures plus fréquentes, de même que
les maladies prédisposantes ,la fonction rénale ou hépatique peut
limiter les indications thérapeutiques. Attention, parfois incapacité
d'appliquer correctement un traitement local
Contre-indications: Hypersensibilité
,
- Griséofulvine :
porphyries, allergies, grossesse, insuffisance hépato-cellulaire, association
au kétoconazole, aux contraceptifs oraux et à l'alcool, grossesse
- Kétoconazole : allergie aux imidazolés, insuffisance hépato-cellulaire,
grossesse
- Itraconazole : allergie aux triazolés, association à la
terfénadine, grossesse et allaitement
Grossesse: Kétoconazole local contre-indiqué au premier trimestre
ainsi que, par prudence, bifonazole et ciclopiroloxamine, Griséofulvine,
kétoconazole, itraconazole, fluconazole par voie systémique contre-indiqués ,
Terbinafine: nouveau médicament, donc prudence.
Précautions d'emploi:
- Topiques: utiliser prudemment en peau lésée et
en cas de troubles sensitifs ou vasculaires ,
- Griséofulvine: surveillance
régulière à la recherche d'effets secondaires hépatiques, rénaux ou
hématologiques (leucopénie, anémie, thrombopénie); photosensibilité;
exacerbation d'un lupus ou manifestations lupus-like , Prendre au moment des
repas pour améliorer l'absorption et éviter l'exposition solaire.
-
Kétoconazole : hépatotoxicité (sévère voire fatale), anaphylaxie (rarement
lors de la première prise), diminution du taux de testostérone
Interactions médicamenteuses:
- Griséofulvine: warfarine, barbituriques,
alcool, contraceptifs oraux, ciclosporine, isoniazide
- Kétoconazole:
anti-H2, antiacides, oméprazole, rifampicine, ciclosporine, phénytoïne,
isoniazide, D-pénicillamine
Surveillance:
- Topiques : efficacité lente, consultation toutes les 6 à 12 semaines,
après une surveillance initiale pour vérifier l'observance du traitement
- Griséofulvine: fonction hépatique et NFS contrôlées en début du
traitement, puis surveillées périodiquement (tous les 3 mois)
- Kétoconazole: fonction hépatique contrôlée avant traitement puis à la
2ème semaine puis tous les mois
- Durée du traitement: ongles des mains: 6 à 9 mois; ongles des pieds: 9
à 12 mois; ongle du gros orteil: 12 à 24 mois
Mesures hygiéno-diététiques:
- Hygiène et séchage soigneux des zones atteintes
- Éviter l'humidité. Port d'une double paire de gants (onychomycose des
mains à Candida)
- Éviter les chaussures fermées et/ou en caoutchouc et les chaussures trop
serrées.
- Porter des chaussettes en coton (éviter la laine ou les synthétiques).
- Changer de vêtements et de linge de toilette régulièrement et les laver
à l'eau très chaude.
- Traitement antimycosique local et/ou général prolongé
Complications: Surinfection évoluant vers la cellulite ou
l'ostéomyélite (surtout sur terrain débilité)
Évolution :
- Rechute fréquente; pronostic particulièrement mauvais en cas d'atteinte
simultanée de plusieurs ongles ou d'une main et deux pieds
- Absence de réponse pour 20 à 40% des atteintes unguéales
- Rechute à long terme chez 40 à 70% des patients
- La terbinafine donnerait de meilleurs résultats (recul insuffisant).
|
Copyright © 2005 look4 medsante.com. Tous droits réservés. |