MOLLUSCUM
CONTAGIOSUM
Définition: Molluscum
contagiosum ( contagiosité ) est une éruption de tumeurs exclusivement épidermiques
se présentant sous la forme de petites papules ombiliquées due à une
infection virale cutanée, bénigne.
Épidémiologie : fréquente
, touche les deux sexes de façon égale , la transmission est soit par
contacts interhumains étroits avec des personnes infectées , soit
auto-inoculation fréquente, surtout chez l'enfant par grattage ., atteint préférentiellement
le visage, le tronc et les membres chez l'enfant, les régions inguinales et les
organes génitaux externes chez l'adulte. les facteurs de risque sont :
- Circonstances favorisantes:
bains publics, piscines, gymnases, professions avec contacts cutanés fréquents
- Rôle de l'immunité
cellulaire dans le contrôle et la régression de l'infection par le MCV
- Maladie sexuellement
transmissible chez l'adulte jeune
- Maladie virale opportuniste
plus fréquente au cours du SIDA.
Étiologie: due à un
gros virus à ADN du groupe des pox virus , deux souches actuellement connues:
MCV 1 et 2 , pas de reproduction du virus in vitro (pas de pousse en culture
cellulaire) , in vivo, présence de particules virales pathognomoniques et effet
cytopathogène dans les kératinocytes .
Signes cliniques : habituellement
asymptomatique, mais peut être prurigineuse. expression d'une matière blanchâtre
par la zone d'ombilication centrale évoque le diagnostic . trois stades évolutives
:
- Période d'incubation: 2
semaines à 2 mois après le contact
- Lésion élémentaire:
papule perlée, ferme, hémisphérique , de couleur chair ou rosée ,de
surface lisse, avec une ombilication centrale caractéristique , mesure
2 à 6 mm de diamètre , mais pouvant atteindre 10 mm ou plus. , elle prend
rarement la forme de nodules géants (> 3 cm). à la pression,
l'ombilication centrale laisse échapper une matière blanchâtre très
caractéristique correspondant à des kératinocytes altérés contenant du
virus. habituellement, éléments multiples (5 à 20), isolés ou
confluents, groupés dans 1 ou 2 régions du corps.
- Régression spontanée:
parfois entourée d'un halo inflammatoire eczématiforme pouvant
correspondre à un mode de de la lésion.
Formes cliniques :
- Formes selon la
localisation: une prédilection pour le visage, le tronc et les
membres chez l'enfant, les aines et les organes génitaux externes chez
l'adulte
- Formes profuses et
hyperplasiques
- Formes végétantes
: chez les patients présentant un déficit immunitaire congénital ou
acquis, ou une dermatite atopique .
Diagnostic différentiel:
- Verrues planes
- Xanthomes éruptifs
- Botriomycome
- Kystes épidermiques
- Éruption vésiculeuse
Kératoacanthome ou épithélioma
- Condylomes acuminés
en cas de lésions génitales
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- Syringomes éruptifs
en région périorbitaire
- basocellulaire
en cas de lésion unique chez un sujet âgé
- Mycose disséminée
(histoplasmose, cryptococcose) chez le patient souffrant de SIDA
- Furoncle,
folliculite, impétigo en cas de surinfection bactérienne
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Biopsie cutanée : étude
anatomie pathologique objective un aspect histologique pathognomonique: affirme
le diagnostic.
- Épiderme acanthosique
hyperplasique, invaginé en lobules piriformes
- Cytodiagnostic : effet
cytopathogène du virus sur les kératinocytes: inclusions éosinophiles
intracytoplasmiques de grande taille refoulant le noyau pycnotique.
la biopsie cutanée est indiquée
dans les formes atypiques chez le patient souffrant de SIDA et en cas de lésion
unique, très volumineuse, non ombiliquée ou remaniée par l'inflammation, ou
de localisation inhabituelle (muqueuses) .
Traitements : éviter les
contacts sexuels avec des partenaires infectés
- Traitements locaux
physiques
- Ablation radicale
à la curette à l'aide d'une curette tranchante efficace,
peu douloureuse , saignement important ,sans ou après anesthésie
locale par application de crème EMLA .
- Cryothérapie à
l'azote liquide technique rapide, , douloureuse éléments
gros ou anciens ou irrités , sans anesthésie ou anesthésie
locale à la crème EMLA
- Électrocoagulation
sous anesthésie locale , laisse une cicatrice .
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- Traitements locaux
chimiques
- Podophyllotoxine:
crème à 0,5% · résultats d'études récentes encourageants
· mais effets secondaires: prurit, irritation
- Trétinoïne à
0,1%: semble efficace, mais responsable d'irritations locales
parfois importantes
- Phénol, acide
trichloracétique à 33%: abandonnés
- Cantharidine:
- Podophyllotoxine
crème à 0,5% : 2 applications/j, 3 jours consécutifs
par semaine pendant 4 semaines , efficace, ne laisse pas de
cicatrice elle nécessite des applications itératives,
effets indésirables : irritation locale, prurit.
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- Traitements généraux
- Inosiplex: 50
mg/kg/j (donnerait de bons résultats en 4 à 5 semaines, accélérerait
la régression spontanée)
- Antibiotiques et
sulfamides: inefficaces
- Pas d'indication
des rétinoïdes per os
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Les indications : en
première intention en fonction de la taille, de l'ancienneté et de l'aspect
des lésions , soit curetage , s oit cryothérapie à l'azote liquide , éventuellement
sous anesthésie locale avec crème EMLA, rarement nécessité d'anesthésie générale
en cas de lésions profuses ou de localisations particulièrement douloureuses
(organes génitaux). un contrôle 2 à 4 semaines après le début du traitement
pour surveiller l'évolution et rechercher de nouvelles lésions.
Complications:
- Auto-inoculation fréquente,
surtout chez l'enfant
- Surinfection bactérienne
- Eczéma périlésionnel
- Conjonctivite folliculaire ou
papillaire en cas de localisation oculaire
- Formes extensives, profuses
et végétantes chez l'immunodéprimé
Évolution : en l'absence
de traitement, régression spontanée sans cicatrice d'une lésion isolée en 2
mois à 6 mois et guérison totale en 6 à 12 mois , récidives rares, sauf chez
l'immunodéprimé (notamment atteint de SIDA)
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