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ACCIDENT
ISCHEMIQUE CEREBRAL
Apparition brutale d'un déficit
neurologique secondaire à un infarctus cérébral.
chez l'enfant est exceptionnel. Rechercher avant tout les maladies
métaboliques et les cardiopathies congénitales .chez le sujet âgé:
fréquent. Athérome +++ .Autres causes exceptionnelles sont
d'autant plus fréquentes que les sujets sont jeunes.On en distingue
deux types selon la durée du déficit.
| Accident
ischémique transitoire (AIT) |
Accident
ischémique constitué (AIC): |
| signes
neurologiques focaux transitoires (récupération totale en
moins de 24 heures). |
persistance
des signes neurologiques au-delà de 24 heures (récupération
en moins de 7 jours: AIC rapidement régressif). |
Étiologie: Toutes les
affections pouvant être la cause d'un accident ischémique cérébral
(facteurs de risque vasculaires, athérome, cardiopathies
emboligènes, troubles de l'hémostase, cancers, affections
hématologiques, dysglobulinémies, maladies autoimmunes, vascularites
) .
- Athérome carotidien (artère
carotide interne) entraînant soit des embolies d'artère à
artère, soit une occlusion de la carotide interne
- Maladie des petites artères
perforantes en rapport avec l'hypertension artérielle (lacunes)
• Embolie à point de départ cardiaque: valvulopathie,
prothèse valvulaire cardiaque, thrombus intracardiaque après un
infarctus du myocarde ou une cardiomyopathie non ischémique,
troubles du rythme cardiaque paroxystiques, endocardite, myxome de
l'oreillette gauche
- Troubles de la coagulation:
anticorps antiphospholipides, déficits en ATIII, protéine C,
protéine S
- Cancers, syndromes
myéloprolifératifs, gammapathies monoclonales
- Artériopathies non inflammatoires
(dysplasie fibromusculaire, dissections des artères carotidiennes
et vertébrales), inflammatoires (maladie de Horton, lupus...) et
infectieuses (syphilis, tuberculose...)
Facteurs de risque:
- Athérome: âge le risque augmente
avec l'âge; maximum vers 70-80 ans , Homme / femme = (3/1),
hypertension artérielle, tabac, diabète, dyslipidémie,
sédentarité, stress, œstrogénothérapie.
- Cardiopathie emboligène •
Anomalies de l'hémostase favorisant les thromboses (anticorps
antiphospholipides, déficit en protéine C, protéine S,
antithrombine III...)
- Affection sous-jacente (cancers
solides, hémopathies...)
- Antécédents familiaux
Signes Cliniques
Les symptômes dépendent du siège (territoire artériel de la
lésion). • Dans le territoire carotidien (hémisphères sauf lobes
occipitaux): hémiplégie, hémianesthésie, négligence, aphasie,
hémianopsie latérale homyme; plus rarement, céphalées, crises
convulsives, troubles mnésiques, confusion • Dans le territoire
vertébrobasilaire (cervelet ou tronc cérébral, lobes occipitaux):
diplopie, vertige rotatoire, troubles de l'équilibre, paralysie
faciale périphérique, syndrome de Claude Bernard-Horner, troubles de
déglutition, dysarthrie. Les infarctus cérébelleux sont rapidement
très œdémateux: évoquer immédiatement ce diagnostic devant des
troubles de l'équilibre d'apparition brutale associés à des
céphalées, des nausées et des vomissements .
Complications: Récidive ,
Accident ischémique constitué ,Crise comitiale ,Liées au terrain
(décompensation d'une affection sous-jacente) , Cutanées: escarres ,
Rétractions tendineuses , Absence de récupération d'un déficit
moteur , Algodystrophie , Syndrome dépressif , Séquelles
neuropsychologiques (langage ) .
Diagnostic différentiel:
1- les AIT: déficits
neurologiques transitoires d'autres causes Vérifier la glycémie et
l'EEG en cas de doute.
| Crise d'épilepsie
(partielle) (EEG) si
suspicion de crise comitiale |
Malformation
artérioveineuse, cavernome |
Hypoglycémie |
Migraine avec
aura (ophtalmique, sensitive, hémiplégique) |
2- les AIC
| Accident hémorragique |
Processus expansif intracrânien
d'apparition rapide (métastase, abcès) |
Thrombophlébite
cérébrale |
Bilan étiologique de
l'accident ischémique cérébral (AIT ou AIC)
- Échodoppler cervical et
transcrânien
- Recherche d'une cardiopathie
emboligène: ECG, échographie cardiaque (transthoracique et transœsophagienne),
Holter ECG
- Bilan d'hémostase complet,
comprenant les anticorps antiphospholipides
- Recherche d'une maladie auto-immune
et/ou vascularite (type lupus, Horton, Behçet...)
Imagerie:
- Scanner cérébral: réalisé en
urgence, sans injection de produit de contraste: élimine une
hémorragie (absence d'hyperdensité spontanée). Le plus souvent
normal après un AIT; peut montrer une hypodensité dans le
territoire artériel correspondant (notamment en cas d'AIC)
- IRM cérébrale: non réalisée en
urgence (le scanner suffit). Montre un infarctus dans le
territoire artériel correspondant. Peut être normale en cas
d'AIT. Utile pour rechercher une malformation artérioveineuse, un
cavernome. Peut-être couplée à l'angio-IRM (ARM), qui permet
une bonne visualisation des vaisseaux intracrâniens de façon
atraumatique (technique actuellement en cours de validation)
- Artériographie cérébrale: faite
dans le cadre du bilan étiologique (notamment pour faire le bilan
d'une sténose athéromateuse ou une dissection des artères
cervico-encéphaliques, un aspect de vascularite...)
Diagnostique: Un bon
interrogatoire permet d'affirmer le diagnostic d'AIT. Le
diagnostic d'AIC est plus facile (l'imagerie cérébrale confirme
habituellement le diagnostic d'infarctus cérébral).
Il
est impératif de vérifier l'absence d'hémorragie par un scanner
cérébral en urgence.
Chez l'adulte de plus de 50 ans,
l'athérome est responsable dans environ 70% des cas, puis les
cardiopathies emboligènes dans environ 20% des cas; les autres causes
(dissections artérielles, troubles de l'hémostase, vascularites,
affections familiales...) sont plus rares. Elles doivent être
d'autant plus recherchées que le sujet est jeune et que le premier
bilan étiologique est négatif.
Conduite à tenir :Hospitalisation
ou prise en charge en ambulatoire à la phase aiguë selon le terrain
( selon l' etat : en cas de mauvaise tolérance hémodynamique ).
- Recherche et traitement des
facteurs de risque vasculaires
- Vérifier la pression artérielle
à la phase aiguë: ne pas la faire baisser brutalement +++
(risque d'agravation de l'ischémie cérébrale avec survenue d'un
accident ischémique hémodynamique)
- Traitement par anticoagulants à
dose efficace ou par anti-agrégants plaquettaires selon le
terrain et l'étiologie la plus vraisemblable
- Traitement de la cause: en cas de
sténose carotidienne, intervention chirurgicale
(endartériectomie) recommandée si sténose > 70% (en
association avec les antiagrégants plaquettaires); traitement
médical seul si sténose < 30%. Entre 30 et 70%, décision en
milieu spécialisé en fonction du terrain et de la
symptomatologie
Antiagrégants plaquettaires:
- aspirine (250 ou 300 mg/j) :
Vérifier l'absence de contre-indications (interrogatoire) avant
de prescrire l'aspirine; surveiller l'apparition de douleurs
d'allure ulcéreuse. Avec le stérilet, risque d'échec de la
contraception à forte dose
- ticlopidine (250 à 500 mg/j) :
vérifier la numération formule sanguine avant de débuter le
traitement, puis toutes les semaines pendant 6 semaines, puis tous
les mois durant le traitement. En cas de leucopénie, l'arrêter
immédiatement. Arrêter une semaine avant une intervention
chirurgicale (sauf si effet antiagrégant plaquettaire recherché)
- Le dipyridamole n'a pas
prouvé son efficacité dans la prévention des accidents
ischémiques cérébraux.
Anticoagulants : Selon
l'étiologie de l'AIT, il peut être nécessaire de donner des
anticoagulants à dose efficace à la place des antiagrégants
plaquettaires (par exemple dissections cervicales, cardiopathies
emboligènes, certains troubles de l'hémostase...).
Interactions médicamenteuses:
Potentialisation des antivitamines K.
- Aspirine: association
contre-indiquée avec les antivitamines K à forte dose, le
méthotrexate, déconseillée avec les AINS, l'héparine, la
ticlopidine, la benzbromarone, le probénécide, la sulfinpyrazone, à
surveiller avec les anti-acides, les diurétiques, les corticoïdes,
les sulfamides hypoglycémiants, les thrombolytiques, l'interféron
alpha
- Ticlopidine: association contre-indiquée avec les AINS, les
salicylés, les antivitamines K, l'héparine, à surveiller avec la
théophilline et ses dérivés (augmentation des taux plasmatiques de
ces derniers) et la sulfinpyrazone
Pronostic : Suivi
régulier la première année (risque de récidive et/ou d'accident
ischémique constitué autour de 15% la première année)
Préventives :
- Traitement des facteurs de risque
vasculaire
- Traitement de l'étiologie de l'AIT
et/ou de l'AIC
- Prévention secondaire par un
traitement médical adapté (antiagrégants plaquettaires ou
anticoagulants selon l'étiologie)
Évolution : Environ
15% de risque de récidive et/ou d'accident ischémique constitué
durant la première année. Risque augmenté en cas de facteurs de
risque vasculaires non traités et de sténose carotidienne > 70%
non opérée .La première cause de décès dans les 5 ans suivant un
AIT ou un AIC est cardiaque
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