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CANCER DE L ESTOMAC
Définition: Tumeur maligne de l'estomac. L'adénocarcinome est la
forme histologique la plus fréquente (90%). Bien que son incidence soit en
diminution constante depuis 20 ans, il reste une des causes principales de
décès dans les pays industrialisés. atteinte du tractus digestif. Extension transpariétale et métastases
ganglionnaires précoces, facteurs héréditaires: Accessoire (rares formes familiales;
risque augmenté de 10 à 20% chez les sujets de groupe sanguin A), Après 50 ans,
2 Homme pour 1 femme . exceptionnel avant 40 ans , l'âge moyen du diagnostic se situe vers 70 ans,
un peu plus élevé chez la femme.
Étiologie:
- Le cancer de l'estomac survient 9 fois sur 10 sur une gastrite atrophique
dont les conséquences sont la métaplasie intestinale, l'élévation du pH.
- On incrimine dans la carcinogenèse le rôle des nitrosamines
intragastriques, produites à partir des nitrates alimentaires (sous l'effet
des bactéries intragastriques dont la pullulation est favorisée par la
réduction de la sécrétion acide).
Facteurs de risque:
- Affections prédisposantes (ces états favorisent l'apparition d'une
lésion anatomopathologique précancéreuse, la dysplasie épithéliale) -
Gastrite chronique (biermerienne ou non; rôle de l'infection à
Helicobacter pylori) - Maladie de Ménétrier - Gastrectomie partielle -
Polype adénomateux intrafundique (plus fréquent en cas de gastrite
atrophique) - Ulcère gastrique (facteur de risque discuté)
- Facteurs alimentaires (alimentation riche en sel, en produits fumés ou
marinés, conserves)
- Bas niveau socio-économique
- Immunodépression (pour les lymphomes)
Anatomie pathologique:
- Macroscopiquement: il existe trois formes habituellement associées
(l'aspect réalisé par la prédominance d'un des aspects est indiqué entre
parenthèses)
- Bourgeonnante (polypoïde)
- Infiltrante (linite)
- Ulcérante (ulcéro-cancer)
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- Microscopiquement
- Le carcinome représente 90% des tumeurs malignes de l'estomac
(formes papillaire, tubulée, mucineuse; les formes à cellules
indépendantes en bague à chaton constitue la forme habituelle
des linites). Le cancer superficiel ( early gastric cancer ) est
limité à la muqueuse avec une extension possible dans la
sous-muqueuse, avec ou sans métastase ganglionnaire; son
évolution est lente et son pronostic bien meilleur. Le carcinome
à stroma lymphoïde et le carcinome hépatoïde sont
exceptionnels.
- Lymphomes gastriques non hodgkiniens: 1 à 8% des tumeurs
malignes gastriques; généralement de type B, ils représentent
la localisation la plus fréquente des lymphomes primitifs du tube
digestif.
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- Autres tumeurs: carcinoïdes, léiomyosarcomes, schwannomes malins,
métastases (mélanomes...), propagation par continuité (pancréas...)
Signes cliniques : généralement pauci-symptomatiques au stade
superficiel, le diagnostic étant assuré sur les données endoscopiques et
anatomopathologiques (si le dépistage de cette forme de bon pronostic reste
encore trop rare, son incidence augmente du fait de l'utilisation plus large de
l'endoscopie) Douleurs épigastriques, d'intensité variable, souvent
résistantes aux traitements anti-ulcéreux , altération, parfois profonde, de
l'état général , dysphagie (tumeur du cardia) , hémorragie digestive (plus
souvent occulte avec anémie ferriprive, que patente), nausées, vomissements,
syndrome dyspeptique, parfois, masse épigastrique palpable dans les formes
évoluées, découverte par une métastase (adénopathie sus-claviculaire,
hépatique, voire pulmonaire d'emblée en cas de cancer cardial, carcinose
péritonéale ou nodules métastatiques ovariens = tumeur de Krückenberg) , découverte
lors d'un bilan de thrombose veineuse inexpliquée, syndrome paranéoplasique
(12% des syndromes paranéoplasiques sont d'origine gastrique: glomérulopathies,
acanthosis nigricans, neuropathie périphérique, papillomatose cutanée
extensive, micro-angiopathie thrombotique)
Diagnostic différentiel:
- Tumeurs gastriques bénignes
- Ulcère gastrique ou duodénal
- Cancer du pancréas, pancréatite chronique
- Dyspepsie d'origine biliaire ou fonctionnelle
- Le problème est surtout de ne pas méconnaître un cancer de l'estomac
devant une symptomatologie digestive d'allure banale.
Examens complémentaires :
- Bilan biologique : en cas de saignement occulte: anémie
microcytaire ferriprive , élévation du CA19.9, élévation de l'alphafœtoprotéine
dans les carcinomes hépatoïdes (formes rares)
- Gastroscopie (permet le diagnostic par biopsies profondes) , tumeur
ulcérée, irrégulière, bourgeonnante, saignant au contact, parfois aspect
d'ulcère suspect car entouré d'un bourrelet irrégulier, dur. La
localisation antropylorique est la plus fréquente. infiltration de
l'ensemble de la paroi gastrique, avec ou sans ulcération, tout ulcère
gastrique, même d'aspect macroscopique bénin, doit être biopsié pour
examen en anatomie pathologique.
- Transit œsogastroduodénal parfois utile dans le bilan
préopératoire
- Échographie hépatique, scanner abdominal, échoendoscopie,
radiographie pulmonaire évaluent l'extension locale et métastatique.
Traitement :
A - Traitement symptomatique : régime hypercalorique pour lutter
contre la dénutrition, alimentation parentérale parfois nécessaire, antalgiques
, supplémentation
martiale si besoin .
B - Traitement etiologique :
1- Adénocarcinomes
- La seule chance de guérison repose sur une exérèse gastrique complète
avec curage ganglionnaire: gastrectomie totale ou subtotale avec
gastrojéjunostomie ou gastroduodénostomie; une extension de l'exérèse
est parfois nécessaire (rate, queue du pancréas...).
- La chirurgie peut aussi être indiquée dans les formes apparemment non
extirpables pour apporter le maximum de confort, faciliter l'efficacité des
autres modes de traitement et exciser une zone sténosante ou
hémorragique.
- Chimiothérapie: palliative (tumeurs inextirpables ou métastases),
adjuvante (post-gastrectomie) les protocoles de chimiothérapie sont
proposés essentiellement à titre palliatif (évaluation en cours pour les
chimiothérapie néo-adjuvante dans les formes a priori non extirpables et
adjuvante en cas de gastrectomie à visée curative). Une certaine
efficacité a été montrée avec des associations de 5-fluoro-uracile et d'anthracyclines,
de mitomycine-C ou de cisplatine.
- Radiothérapie à titre palliatif (douleurs)
- Traitement des symptômes
3- Lymphomes
- Exérèse chirurgicale
- Chimiothérapie les protocoles de chimiothérapie dépendent de
l'histologie, adjuvante ou unique .
4- Sarcomes
- Exérèse chirurgicale
- Chirurgie généralement peu efficace en cas de métastases (poumon, foie)
Surveillance:
- Surveillance clinique, notamment de la reprise pondérale qui est le
meilleur témoin d'une évolution favorable (bilan tous les 3 à 6 mois
pendant 2 ans)
- Surveillance biologique: NFS (risque de carence martiale ou en vitamine
B12 après une gastrectomie totale), bilan hépatique (cholestase traduisant
une localisation hépatique secondaire), dosage du CA19.9
- Surveillance radiologique: échographie, voire scanner
- Surveillance endoscopique: elle apparaît inutile, la majorité des
récidives étant extraluminales (intérêt de l'échoendoscopie?)
- À part: surveillance des lymphomes
Prophylaxie : surveillance endoscopique régulière en cas de lésion
précancéreuse, surtout en cas de notion de dysplasie gastrique lors d'un
examen précédent , éviter les aliments carcinogènes (contenant des additifs
ou conservés dans le sel)
Complications:
- Métastases (foie, péritoine, poumons, cerveau)
- Hémorragies
- Sténose pylorique
- Perforations exceptionnelles
Évolution :
- Adénocarcinomes : seule l'exérèse totale peut être curative. -
La survie à 5 ans est corrélée à la pénétration intra-pariétale (68%
en cas de tumeur limitée à la sous-muqueuse; 30% en cas de tumeur
atteignant la séreuse) et à l'extension ganglionnaire. dans le cancer
superficiel, la survie à 5 ans atteint 95% en l'absence d'envahissement
ganglionnaire, ce pourcentage n'étant plus que 60% en cas d'atteinte
ganglionnaire métastatique distale.
- Lymphomes: pronostic plus favorable, notamment dans les formes de
faible degré de malignité ou dans les formes localisées de haut grade de
malignité
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