Les
cellules immunocompétentes ont des récepteurs pour différentes hormones
déjà connues pour d’autres fonctions.
Par
exemple, le récepteur insuline est présent, et l’insuline a un rôle dans
l’activation, c’est-à-dire la multiplication et la différenciation des
lymphocytes. D’autres récepteurs sont aussi présents comme celui de l’ACTH,
et même on pourrait schématiser en disant que le lymphocyte a des récepteurs
semblables à ceux des cellules de l’hypophyse, probablement en moindre densité.
On peut mieux comprendre les relations entre le système nerveux central et le
système immunitaire connaissant les relations entre l’hypophyse et le cerveau
par l’intermédiaire de l’hypothalamus.
Ces
cellules ont aussi leurs propres signaux qui sont les interleukines
, émis par certaines cellules immunocompétentes et reçus par
d’autres. Les interleukines jouent un grand rôle dans l’activation des
lymphocytes. Inversement, pour freiner la réaction immunitaire, pour la stopper
lorsqu’elle n’a plus lieu d’être, des signaux négatifs, encore peu
connus, sont vraisemblablement émis.
Le
lymphocyte T a la particularité d’émettre son hormone de croissance appelée
interleukine 2 (IL2) et de synthétiser ensuite le récepteur
de cette interleukine (récepteur IL2) lorsqu’il est activé. Ainsi, après un
démarrage, il peut entretenir lui-même l’état d’activation, par «autocrinité»,
c’est-à-dire en faisant lui-même sa propre hormone de croissance et en
fabriquant le récepteur adéquat. La cyclosporine, médicament très actif pour
immunodéprimer, coupe cette boucle autocrine en arrêtant la fabrication
d’IL2.
En
outre, dans le système immunitaire existent des incitations hormonales faites
par une cellule pour agir sur une autre. Le macrophage élabore de l’IL1 qui
agit sur le lymphocyte T, et le lymphocyte
T produit de l’interféron g qui agit sur le macrophage. Il
existe là une amplification non pas d’une cellule sur elle-même ou une
cellule de même type, mais entre un couple de cellules différentes.
Le
lymphocyte T peut aussi activer un lymphocyte B, soit en le différenciant, soit
en aidant la prolifération, soit en faisant les deux, afin que celui-ci
fabrique des anticorps.
La
liste des interleukines est grande, chacune de ces hormones ayant son action spécifique
sur une sous-population cellulaire dans un but précis [cf. CYTOKINES].
Il existe aussi des interconnexions avec d’autres tissus, ainsi l’IL3 a une
fonction similaire à l’IL2 mais, en plus, elle active le système myéloïde
pour fabriquer des globules blancs polynucléaires et des macrophages. Et même
certaines interleukines n’agissent pas seulement sur des tissus voisins mais
aussi sur des tissus lointains, comme l’IL1 qui trouve des récepteurs sur les
cellules du système nerveux central. Il y a donc bien une relation dans les
deux sens entre système immunitaire et système nerveux.
Dans
le cas des récepteurs hormonaux transductifs, la fonction effectrice
intracellulaire fait appel aux voies classiques: couplage à une protéine G, en
liaison avec la phospholipase C (activation), ou
avec l’adénylate cyclase (freination).