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COMA
Le coma est un état caractérisé par la perte de la conscience et par la
perte plus ou moins complète des fonctions de relation: sensibilité et
motricité. Cependant, certaines fonctions végétatives (qui entretiennent
la nutrition) sont relativement conservées. Cet état intermédiaire entre
la vie et la mort pose au médecin de difficiles problèmes, car les
techniques de réanimation et d’assistance physiologiques (ventilation
artificielle, monitoring) lui donnent la possibilité de maintenir en
survie très longtemps des sujets dont il ne peut sans hésitation prédire
les chances de guérison. Néanmoins, des critères rigoureux autorisent une
certitude de l’irréversibilité du coma (mort cérébrale).
La question se pose alors de savoir si les organes sains
qui demeurent en vie chez ce mort en sursis ne pourraient être utilisés en
vue de procéder à des transplantations.
Classification de coma : Il est classique de distinguer quatre
stades où les fonctions de relations subissent des altérations de plus en
plus graves:
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Stade I Coma léger, ou vigil: dans ce cas,
l’abolition de la conscience est incomplète; on dit que la perceptivité
est variable. Par des excitations douloureuses (telles que pincement de
régions cutanées sensibles), on peut provoquer des réactions motrices ou
vocales relativement bien adaptées (réactivité rapide, adaptée). On ne
note aucune perturbation végétative.
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Stade II Coma de moyenne gravité:
l’abolition de la conscience est complète et les fonctions de relation
ont disparu, mais les fonctions végétatives sont peu perturbées.
Cependant, la déglutition présente des perturbations du premier temps
(labial), qui ne doivent pas être recherchées systématiquement pour
éviter des fausses routes dangereuses, avec inhalation de liquides
digestifs. La perceptivité étant nulle, la réactivité se manifeste
seulement en réponse à de fortes stimulations nociceptives; elle est
donc mal adaptée.
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Stade III Coma profond : l’abolition
totale de la conscience et de la vie de relation et la perturbation
grave des fonctions végétatives caractérisent ce stade. La respiration
rapide, superficielle, irrégulière augmente l’espace mort respiratoire
et favorise, avec la chute de la base de la langue, l’augmentation du
taux du CO2 sanguin, ou hypercapnie. Celle-ci est le plus souvent la
cause de la libération de catécholamines qui vont accélérer le rythme
cardiaque, élever la pression artérielle, favoriser secondairement la
défaillance circulatoire, ou collapsus, et l’élévation thermique. Dans
cette forme de coma, la réactivité aux stimuli se traduit par des
réponses neurovégétatives (bouffées vasomotrices, troubles respiratoires
et cardio-vasculaires, dilatation pupillaire).
Les troubles vasomoteurs viscéraux sous la dépendance de la réaction
adrénosympathique et de l’hyperlactacidémie font leur apparition: œdème
cérébral, pulmonaire, laryngé; hématémèse (vomissements de sang).
Des perturbations du tonus musculaire existent, avec soit une hypotonie
(nuque ballante), soit une hypertonie (de décérébration) qui signe une
atteinte du tronc cérébral.
Les réflexes ostéo-tendineux ont disparu et les réflexes photomoteurs
sont diminués ou abolis. Les troubles de déglutition sont constants. Une
fois les épisodes aigus surmontés, les troubles trophiques, qui ne
manqueraient pas d’apparaître du fait de l’immobilité du malade, doivent
être prévenus par la mobilisation (kinésithérapie) et par un bon
équilibre nutritionnel (par voie parentérale ou par sonde naso-gastrique).
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Stade IV : Mort cérébrale, ou coma dépassé :
ses limites, bien connues, sont fondées sur la clinique et sur le
contrôle électro-encéphalographique. La dilatation pupillaire (mydriase
bilatérale) est contemporaine d’une aréactivité totale. Les troubles
ventilatoires aboutissent à l’apnée, et seule la ventilation
artificielle permet la survie de ces malades dont le cerveau est mort,
mais dont l’appareil cardio-vasculaire fonctionne encore correctement.
Accompagnant ces signes cliniques, plusieurs électro-encéphalogrammes
(E.E.G.) doivent être pratiqués pour obtenir des signes de certitude de
mort cérébrale; dans ce cas, le tracé est nul, avec disparition de
toutes les ondes, même lentes (ces dernières traduisant la souffrance
cérébrale).
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